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top news photography Saint-Ursanne: les employés de l’hôtel sont «extra-ordinaires»

L’hôtel Demi-Lune, à Saint-Ursanne, emploie depuis avril des jeunes qui ont un handicap mental. Une histoire née de la conviction que chacun a quelque chose à donner. Pour en savoir plus...
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Articles 2019 - Edito
Jeudi, 14 Mars 2019 00:00
 

Edito: Voix de femmes

patrice2En parler une fois de plus? J’avoue avoir hésité. Je sais que des lecteurs nous reprochent de parler sans cesse des abus sexuels. D’autres nous disent combien ils sont écœurés et découragés par ces nouvelles.
Car il n’y a pas que les cas de pédophilie. Il y a eu la dénonciation des réseaux homosexuels qui seraient présents dans les hautes sphères du Vatican, contribuant à une culture du silence mortifère. Et le reportage sur les religieuses prostituées et violées par des prêtres, parfois bien connus en Suisse romande comme le Père Marie-Dominique Philippe, longtemps professeur à Fribourg. La pourriture nous serre de près.
J’ai écrit que cette crise était bénéfique, car elle allait permettre un nouveau départ de l’Eglise. Mais l’énormité du crime a de quoi ébranler les plus fidèles. Une digue a sauté et elle emporte tout sur son passage.
Peut-être qu’un temps de silence s’imposerait pour entendre les témoignages des victimes et prendre la mesure du problème. Mais concentrer son dégoût sur les seuls prêtres et évêques ne permet pas de voir la réalité en face: combien de titres la semaine dernière sur Michael Jackson, le bambi de la pop qui aimait trop les enfants? Et la Journée de la femme, le 8 mars, a fait émerger, comme un iceberg perçant le brouillard, la révolte des femmes réduites à l’état d’objets sexuels. Le déballage actuel est une conséquence du mouvement #MeToo: après le cinéma, d’autres prédateurs sexuels sont montrés du doigt.


Ils sont écœurés et découragés par ces nouvelles.


 Dans la file d’attente devant un cinéma de Fribourg, samedi soir, des femmes parlaient du documentaire Female Pleasure. Débarquant sur les écrans romands, il donne la parole à cinq femmes, dont une religieuse, qui témoignent des violences subies, du viol aux mutilations génitales. Mais le ton des commentaires n’était pas à la plainte ou à la colère, non. C’était de l’admiration: voilà des femmes qui ont osé dire leur soif de dignité et leur droit au plaisir.
Dans la crise que nous vivons, il n’y a pas qu’une pulsion de mort, il y a une immense attente et un désir de bonheur. C’est, je crois, le grand défi lancé à ceux qui se disent chrétiens. Car ni les règlements ni la tolérance zéro ne pourront y répondre.
«Il faut un nouveau style d’Eglise», dit le Père Pierre Vignon, un de ceux qui se sont levés pour défendre les victimes du diocèse de Lyon (voir en page 32). Ma raison d’espérer, c’est que cette Eglise existe déjà. Il y a des prêtres et des religieuses, il y a des évêques, il y a des familles qui vivent déjà quelque chose de ces relations nouvelles entre hommes et femmes.
C’est le signe que le bonheur existe, qu’un autre monde est possible. Mais il y a du boulot.

Mise à jour le Lundi, 25 Mars 2019 08:56
 

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