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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
Articles 2019 - A la Une
Vendredi, 13 Décembre 2019 00:00

Zurich

Les lumières de Noël

 

 

Depuis 2010, l’éclairage de Noël de la plus célèbre rue de Zurich, la Bahnhofstrasse, est assuré par Lucy. Un réseau d’ampoules à diodes électroluminescentes évoque un toit romantique scintillant au-dessus de ce lieu très fréquenté. Il s’est allumé jeudi 21 novembre pour le plus grand bonheur des visiteurs.

 

2019-50-22AUn sapin de 15 mètres de haut paré de mille feux annonce la couleur: Zurich se prépare aux fêtes. Elles commencent à la gare, avec le traditionnel marché de Noël couvert, l’un des plus grands d’Europe, où 150 étals attirent le regard et menacent nos portefeuilles. Malgré la tentation nous rebroussons chemin car, avant de rencontrer la fameuse Lucy, nous devons passer par notre hôtel, tout rouge, sur la Marktgasse. Situé en vieille ville, l’établissement, avec à l’entrée un bouc en carton qui se tape la tête contre le mur, se targue de 600 ans d’histoire.
Pas très loin, le Zunfthaus Zur Zimmerleuten, le restaurant de la corporation des charpentiers, au bord de la Limmat, où nous dînons.

Parité hommes-femmes

Sur le mur de la salle du rez-de-chaussée, une magnifique fresque de style médiéval m’émerveille. Ce décor, tout sauf anodin, révèle un secret de Polichinelle: Zurich est la ville des corporations. Appelées aussi guildes, ces associations d’artisans – plus de 100 – sont nées au 14e siècle. Leur objectif? Regrouper les professionnels par métiers afin de défendre leurs intérêts. Grandes perdantes de l’initiative: les femmes! En tête, la mère supérieure de l’abbaye du Fraumünster: détentrice du pouvoir absolu sur Zurich, elle gérait la frappe de la monnaie et nommait le maire. Les autres femmes jouissaient de l’égalité salariale avec leurs époux, dont elles étaient souvent les associées, qu’ils fussent paysans, ouvriers, commerçants ou artisans.
Une parité à laquelle Rudolf Brun, fondateur des corporations, assène un grand coup et qu’Ulrich Zwingli achève avec la Réforme. Aujourd’hui le Fraumünster, ce monastère fondé en 853 par Louis le Germanique en l’honneur de sa fille Hildegarde et fermé en 1524, est très célèbre pour ses vitraux de Marc Chagall et d’Augusto Giacometti. En dehors des offices, les visiteurs peuvent les admirer moyennant 5 francs sans toute­-
fois avoir le droit de les photographier.

Une ancienne boucherie

Réchauffés par notre soupe aux marrons et notre émincé de veau à la zurichoise, nous commençons à arpenter la vieille ville. Dans un recoin, la vitrine de la boutique Thema Selection aspire l’amoureuse de textiles que je suis. A l’intérieur, à notre grande surprise, des crochets et des chaînes qui pendent du plafond. C’est  une ancienne boucherie: les crochets servaient à pendre les saucisses. D’ailleurs, il paraît qu’en 1916 leur odeur indisposait terriblement le voisin du dessus, un certain Vladimir Ilitch Lénine. La patronne, Sissi  Zoebeli, a fondé cette boutique avec Ursula Rodel, styliste auteure de créations pour Federico Fellini, Catherine Deneuve et beaucoup d’autres. Lénine et les crochets à saucisses? Improbable!
Pendant que nous sillonnons la vieille ville, la lumière du jour prend congé et, avant de rejoindre Lucy, nous traversons le Schipfe, le plus ancien quartier de Zurich. Entre la Limmat et le Lindenhof, où des bateaux sont amarrés, la ruelle, réservée aux artisans, est pleine de trouvailles insolites. Dans le magasin de l’antiquaire Dani Vock, nous découvrons un coco-fesse des Seychelles de 20 ans à côté d’un baby-foot qui réveille notre envie de jouer.

2019-50-20ALucy et ses diamants

Puis nous nous dirigeons vers Bahnhofstrasse. Noire de monde en ce 21 novembre, cette rue de plus d’un kilomètre, le pendant de la rue du Rhône à Genève, s’apprête à accueillir Lucy. C’est dans une ambiance très festive que la star arrive. Il est 18h. Avec ses 11'550 petites lumières, elle illumine la Bahnhofstrasse et, ce faisant, lance officiellement les festivités de Noël!
Ce spectacle, baptisé Lucy in the Sky with Diamonds, comme la chanson des Beatles, transforme depuis 2009 la principale artère marchande de Zurich en ciel étoilé. Depuis 1971 et jusqu'à la création de Lucy, c'était l'allumage des grands poteaux lumineux ornant la Bahnhofstrasse qui marquait le coup d’envoi des fêtes. Malgré l’attachement de la population à ces pylônes scintillants, les organisateurs de l’événement, il y a dix ans, les remplacèrent par de petites ampoules LED.
«Contrairement à ce que croient la plupart des Zurichois, ce n’est pas la Ville qui s’en charge, mais l’Association des commerçants de Bahnhofstrasse», nous informe son secrétaire, Anthony Welbergen. Coût de l’opération: 200’000 francs.
Résolument lumineuse, Zurich propose une autre manifestation qui attire les foules: l’Illuminarium. Installée dans la cour intérieure du Musée national suisse, elle enflamme de belles couleurs les façades des bâtiments et, avec un film d’animation en 3D, donne l’impression aux visiteurs de faire partie du scénario. «L’idée est de baigner les gens dans une ambiance chaleureuse à ciel ouvert», explique sa créatrice, Katja Weber. Pourquoi alors le film, en allemand, qui dure 45 minutes, n’est-il pas sous-titré en anglais, voire en français? «Parce que nous avons décidé de mettre l’accent sur les émotions. Ainsi, ce ne sont pas les mots qui l’emportent, mais la musique et le jeu des couleurs, censés captiver les spectateurs», souligne Katja. Si les trois personnages du film sont les mêmes chaque année, il en va autrement de sa  thématique: après les chants de Noël et le sapin, ce sont les biscuits cette année. Avant ou après l’avoir regardé, les spectateurs peuvent se restaurer dans le palais à fondue tout en bois ou dans l’un des bars ou stands de ce grand espace flamboyant de couleurs.

Fabriquer ses bougies

Le lendemain matin, nous testons une autre activité propre à Zurich: la fabrication de bougies sur la Bürkliplatz. Une véritable institution qui fête ses 50 ans cette année. Un anniversaire d’autant plus touchant que son créateur, Michael Brons, est décédé subitement en mai à l’âge de 82 ans. L’homme, éducateur spécialisé, s’occupait entre autres de jeunes marginalisés. Après s’être essayé à la création de bougies artisanales, il a eu l’idée d’utiliser cette activité comme thérapie méditative avec ses protégés. Le succès fut immédiat.
Dans ce pavillon de musique recouvert d’une tente, nous rencontrons une classe d’enfants venus fabriquer leurs bougies. Parmi eux, Claire, une petite Française de dix ans qui habite Zurich. Parfaitement bilingue, elle nous confie: «J’aime beaucoup cette activité même si elle est moins facile que je l’imaginais. Il faut beaucoup de patience pour arriver à enrober une mèche de cire…».
Des mots d’enfant simples mais ô combien symboliques en cette période de Noël. Comme une bougie, notre cœur a besoin de patience pour envelopper nos espérances de foi: en soi, en les autres, en la vie.  

Anna Aznaour

 

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