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top news photography Les portraits de Dame Helvetia

Homo Helveticus. L’homme helvétique. Un titre qui sonne comme le nom d’une espèce disparue au paléolithique. Ou qui évoque la quête d’un individu plus complexe qu’il n’y paraît derrière son air statufié. C’est cette piste qu’a suivie Didier Ruef sans trop savoir où elle le mènerait. Elle ressemble à un labyrinthe identitaire entre Alpes, Plateau et Jura, de Chiasso à Bâle en passant par Euseigne, Engelberg et l’inévitable prairie du Grütli. Un parcours de trente ans, de 1987 à 2017, pas si fléché que cela. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Jeudi, 04 Octobre 2018 00:00
 

Edito: La grâce de la foi

thibautA force de vivre avec, on ne s’en rend plus compte: la foi chrétienne connaît, principalement en Europe occidentale, une mutation unique – jamais vue dans l’histoire de l’humanité. Effondrement de la pratique en une poignée de décennies. Crise majeure de la transmission. Supermarché concurrentiel des croyances. Matérialisme de l’argent et de la technologie dominante. Moqueries réitérées sur les religions traditionnelles. Inculture générale. Assez. Arrêtons là. Pour l’instant.
Cela fait beaucoup, probablement trop, et les catholiques comme les réformés du Vieux continent se retrouvent le plus souvent sans voix, un peu honteux, voire coupables, devant cette réalité inouïe. Ils ne sont pourtant pas les seuls. Le désarroi est l’un des sentiments les mieux partagés au monde. Avec la solitude. Que l’on croie ou non.
Ce phénomène d’effondrement de la foi est l’un des plus importants de notre époque. Bien plus que les sujets qui font la une des médias et encombrent les fallacieux réseaux sociaux. Les grands changements de l’histoire ne sont pas nécessairement retentissants. Le silence sait les enrober.
Que faire dans ces conditions? Ecouter des voix singulières qui préconisent d’autres voies que la nostalgie stérile ou la reconquête militante. Comme celle de Dominique Collin (pages 32 à 34). Ce dominicain belge ose un ouvrage dont le titre est un clin d’œil au théologien luthérien Søren Kierkegaard: Le christianisme n’existe pas encore.


La croyance n’est pas la foi, souligne Dominique Collin.


 Dominique Collin s’inscrit dans la mouvance de l’existentialisme chrétien à la suite de remarquables penseurs tels Miguel de Unamuno, Emmanuel Mounier, Paul Tillich et Nicolas Berdiaev. Des auteurs plus lus il y a cinquante ans qu’en 2018. Est-ce à dire que le dominicain prêche à contretemps dans le désert de la postmodernité? Il appelle plutôt
les chrétiens à se repositionner. Surtout pas sur soi – au diable l’ego! Il s’agit de se recentrer sur l’Evangile. Non pour s’asseoir dessus ou s’en servir comme d’un bouclier et d’un glaive. Mais pour actionner l’espérance qu’il recèle: Dieu est toujours à venir, car son Verbe d’amour peut advenir en chacun.
Tourner la foi vers l’avenir comme un visage vers l’aube. Parce que l’incarnation n’est pas une pétrification. De même, la croyance n’égale pas la foi, souligne Dominique Collin. La croyance est piégée par nos a priori, sujette à nos justifications, facilement raide comme la justice de Berne. La foi, elle, relève d’un tout autre ordre. Elle est un saut dans l’inconnu à l’image du pari pascalien. Une joie pure. Une libération intégrale. Un don gratuit. Potentiellement infini. Comme la grâce. Tant que nous sommes en vie, rien n’est achevé. Tant que nous cultivons une foi ardue et brûlante, chaque jour est genèse. Et nous ne redoutons plus la nuit.

Mise à jour le Jeudi, 11 Octobre 2018 08:42
 

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