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top news photography Les portraits de Dame Helvetia

Homo Helveticus. L’homme helvétique. Un titre qui sonne comme le nom d’une espèce disparue au paléolithique. Ou qui évoque la quête d’un individu plus complexe qu’il n’y paraît derrière son air statufié. C’est cette piste qu’a suivie Didier Ruef sans trop savoir où elle le mènerait. Elle ressemble à un labyrinthe identitaire entre Alpes, Plateau et Jura, de Chiasso à Bâle en passant par Euseigne, Engelberg et l’inévitable prairie du Grütli. Un parcours de trente ans, de 1987 à 2017, pas si fléché que cela. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Jeudi, 27 Septembre 2018 00:00
 

Edito: Souverains

thibautQue nous enseignent le oui enthousiaste aux pistes cyclables et le balayage des initiatives sur les aliments équitables et la souveraineté alimentaire? Les Suisses veulent aller à vélo, mais ils refusent qu’on leur dise quoi manger. Ils ont aussi voté avec leur porte-monnaie en tête (le bio, c’est cher) et la peur au ventre, attisée par un lobby économique à la force de conviction toujours frappante.
Les votants (un maigrelet 36,93%) ont-ils pour autant accordé un blanc-seing à la politique agricole de la Confédération? Non. L’insatisfaction est là. L’incertitude aussi. L’avenir inquiète. Le sort des paysans est fragile. Et le libre-échange reste la voie prônée par le Conseil fédéral avec pour visage caricatural celui de Johann Schneider-Ammann. En deçà de ces aspects, les Suisses ont surtout buté sur un mot chargé – la souveraineté –, un terme politique explicitement invoqué par l’initiative du syndicat Uniterre.
La souveraineté a une limpidité institutionnelle qui parle pour elle: être maître chez soi n’est-il pas l’attribut premier d’un Etat de droit? Au plan national, le vote dominical a rappelé que les Alémaniques se méfient de l’intervention étatique tandis que les Romands apprécient la puissance publique. On pourrait gloser à longueur de pages sur les raisons de ce Röstigraben fondamental. Il n’est en tout cas pas certain qu’elles soient si helvétiques que cela.


Etre maître chez soi n’est-il pas l’attribut premier d’un Etat de droit?


Dessillons nos paupières: depuis la fin de la guerre froide, nous vivons dans un monde acquis au libéralisme aussi bien sur le plan social (les mœurs: «je fais ce que je veux») qu’économique (le marché roi: «la manne capitaliste»). Nous sommes tellement submergés par cette idéologie diffuse que nous ne la discernons plus. S’y opposer frontalement, c’est risquer d’être traité d’adversaire de la liberté. Plus d’un souverainiste est soupçonné de vouloir une solution «d’un autre temps», «à la soviétique». Ce n’est bien sûr pas le cas. C’est hélas ainsi que le débat politique fonctionne.
La liberté recèle pourtant plus d’un piège. Ses séductions peuvent être malheureuses. Comment faire, alors? Persévérer. Protéger. Et argumenter. En rappelant que la liberté, comme tout ce qui vit sous le soleil, a des limites. Afin de croître décemment, il faut des repères. Des bornes, oui, et il n’y a rien de borné à l’affirmer.
C’est également valable pour ce qui arrive dans nos assiettes. Nous le savons, les ressources terrestres ne sont pas illimitées. Pour ne pas les épuiser, un cadre de vie sain et pondéré est absolument nécessaire. De fait, la souveraineté n’est pas une vieille lune d’esprits passéistes, comme certains commentateurs l’ont persiflé. Au contraire, elle est la colonne vertébrale d’une démocratie. L’axe à partir duquel nous ferions bien de nous recentrer.

Mise à jour le Jeudi, 27 Septembre 2018 08:28
 

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