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top news photography Le jour où les médecins voteront l'aide au suicide en Suisse

Dans l’aide au suicide, les frontières bougent et les barrières tombent. La pratique reste marginale, avec 286 personnes accompagnées en Suisse romande l’an dernier, selon les chiffres de l’association Exit. Mais la tendance est à la hausse. Le 25 octobre, le parlement de la FMH se prononcera sur de nouvelles directives: même des personnes en bonne santé mais «fatiguées de vivre» pourraient demander le suicide assisté. Ce vote fait débat. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 22 Août 2018 00:00
 

Edito: Les irréguliers se rebiffent

patrice2Etonnante et instructive est l’avalanche de réactions suscitée par l’invitation adressée par Mgr Jean-Marie Lovey aux Valaisans qui ne sont pas «dans les clous»: divorcés remariés, couples jamais mariés ou qui ne sont pas passés devant Monsieur le curé, ils sont invités à la table de l’évêque de Sion en septembre.

Enfin!, pense-t-on aussitôt: à l’exemple du pape François, voilà un homme qui va vers les gens «en situation dite irrégulière» – la formule est dans le communiqué de l’évêché – et qui leur dit: «Vous n’êtes pas des exclus, vous avez votre place dans l’Eglise!».

Mais les irréguliers se rebiffent. En quatre jours, près de 200 réactions ont afflué sur la page Facebook du Nouvelliste. Souvent négatives, du genre: «Qu’est-ce qu’un couple irrégulier? L’amour n’est pas soumis aux lois humai­nes» – «Nous ne sommes pas mariés et nous avons trois enfants. Lool! J’ai déjà réservé ma place en enfer, haha» - «Ils pensent vraiment que se faire traiter d’irrégulier, ça nous donne envie? Et qui mieux qu’un curé qui n’a jamais été en couple pour nous faire la leçon?» ­­– «Ça ne me plaît pas du tout, cette façon de cataloguer les personnes!» – «On est en 2018, c’est pas un ecclésiastique qui va venir nous dire comment doit être formé un couple» – «C’est tellement triste et pathétique – J’espère qu’il n’y aura personne».


Pas sa première tempête dans un verre de fendant.


Il y en a des pages et des pages. Avec une tendance de fond: même avec des guillemets, le mot «irrégulier» n’a pas passé. Il a été perçu comme un jugement porté sur les personnes. Et ce qui était un geste d’ouverture a été interprété comme une tentative de régulariser les irréguliers, de les mettre dans le droit chemin.

Cela dit à quel point le vocabulaire joue des tours, surtout lorsqu’on touche à la sphère privée. Le choix des mots est essentiel. D’un autre côté, ces réactions disent l’extrême susceptibilité d’une épo­que qui ne tolère plus l’ombre d’une remise en question. Quitte à envoyer au diable celui qui est d’un autre avis.

Mgr Lovey n’en est pas à sa première tempête dans un verre de fendant. Et cela justement parce qu’il cherche le contact, qu’il n’a pas peur de la rencontre. C’est probablement la seule manière de franchir la muraille des peurs et des préjugés qui s’expriment sur Facebook. La seule façon de croiser des couples – il y en a – qui ne pensent pas avoir raison tout seuls et qui attendent une poignée de main, un moment d’amitié, un regard.

Au fond, la polémique est preuve de vitalité. Le signe que les irréguliers, aussi, cherchent quelque chose.

Mise à jour le Mercredi, 22 Août 2018 14:12
 

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