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Homo Helveticus. L’homme helvétique. Un titre qui sonne comme le nom d’une espèce disparue au paléolithique. Ou qui évoque la quête d’un individu plus complexe qu’il n’y paraît derrière son air statufié. C’est cette piste qu’a suivie Didier Ruef sans trop savoir où elle le mènerait. Elle ressemble à un labyrinthe identitaire entre Alpes, Plateau et Jura, de Chiasso à Bâle en passant par Euseigne, Engelberg et l’inévitable prairie du Grütli. Un parcours de trente ans, de 1987 à 2017, pas si fléché que cela. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Jeudi, 26 Juillet 2018 00:00
 

Edito: Dans le lit conjugal

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Il était seul contre tous, mais l’histoire est en train de lui donner raison: il y a cinquante ans, le 25 juillet 1968, le pape Paul VI signait une encyclique interdisant la pilule contraceptive. Elle fut très mal reçue, y compris en Suisse romande.
Or, un demi-siècle après Humanae vitae, ce sont les femmes elles-mêmes qui contestent la pilule. Je cite Le Monde, peu suspect de papolâtrie, qui publiait en septembre un long article intitulé «Pourquoi les femmes délaissent la pilule». Parmi les causes évoquées: la peur des hormones, le souci de la planète et le ras-le-bol des effets secondaires. «Il n’est plus question en 2017 de supporter les nausées, la prise de poids, les sautes d’humeur ou la baisse de la libido attribuées à la prise d’hormones», ajoutait le quotidien français.
Paul VI n’était certainement pas écolo au sens où on l’entend aujourd’hui. Mais son courage doit être salué, lui qui refusa, contre la majorité de ses conseillers, de favoriser une solution technocratique. De façon inattendue, son «non» rencontre celui des femmes qui ne veulent plus engraisser l’industrie pharmaceutique.


Le discours de 1968 était inaudible, car trop centré sur les interdits.


Disant cela, je ne suis pas en train de crier au pape prophétique. Le discours de 1968 était inaudible, car trop centré sur les interdits, et il n’y avait pas d’alternative crédible. Les méthodes  dites «naturelles» étaient balbutiantes. Elles sont plus fiables aujour-d’hui, mais restent peu connues alors même que les couples qui les utilisent disent leur satisfaction, en particulier les femmes qui apprécient le fait que leur compagnon soit impliqué. Car le sexe est relation avant d’être plaisir ou devoir (conjugal).
Dans le monde médical, ces méthodes naturelles sont marginalisées. Comme elles ne rapportent rien, les laboratoires s’en désintéressent. Et elles n’empêchent pas les grossesses imprévues (la pilule non plus, les ratés de la contraception étant la cause de nombreux avortements), raison pour laquelle il faut remettre en question le mythe du bébé désiré: oui, on peut aimer un enfant qui vient à l’improviste autant que celui qui a été longuement programmé.
Enfin, ces méthodes ne conviennent pas à certains couples ni à certains moments de la vie du couple: il faut le reconnaître sans tabou ni moralisme.
Cinquante ans après Humanae vitae, le dossier reste donc ouvert. Le fait nouveau est que les médecins, théologiens et autres célibataires ne sont plus seuls à se pencher sur le lit conjugal.
Dans la pastorale familiale, dans les centres de préparation au mariage, dans les mouvements, les couples sont toujours plus nombreux à prendre la parole. Et à témoigner que la «voie étroite» proposée par l’Eglise est non seulement naturelle, mais belle et enrichissante.

Mise à jour le Lundi, 05 Novembre 2018 10:10
 

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