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top news photography France: «Je me suis trompé de Coran, d’islam et de Dieu»

Farid Abdelkrim était un jeune de banlieue fasciné par les Frères musulmans. Il est aujourd’hui un humoriste reconnu qui s’engage pour un autre islam, un autre rapport à la religion. Né en 1967 à Nantes, dernier d’une famille de cinq garçons, Farid Abdelkrim a été pendant quinze ans membre des Frères musulmans. Il aurait pu basculer dans la violence. Il admet aujourd’hui qu’il «s’est planté». En 2015, il a publié Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste. Farid est toujours croyant, mais il a retrouvé sa liberté. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 27 Juin 2018 00:00
 

Edito: Il est trop tard

patrice5

Vu de Suisse romande, l’événement majeur de la semaine écoulée – pour qui n’a pas la tête dans un ballon – a été la venue du pape François à Genève. Un grand moment de fête et d’amitié, ce qui est appréciable par les temps qui courent.
A peine remonté dans l’avion, cependant, le pape a été ramené par les journalistes sur un terrain brûlant: l’afflux des migrants, qui prend des proportions bibliques. Avec des images abominables, comme ces enfants séparés de leurs parents par l’administration Trump.
Le pape ne s’est pas dérobé, mais on l’a senti mal à l’aise, presque confus. Parce que lui aussi est débordé par l’énormité du problème. Il défend une politique d’accueil généreuse, mais il reconnaît le «devoir de prudence» des Etats qui doivent intégrer les migrants. En cas d’urgence, cependant, il faut ouvrir les mains et les ports, martèle le pape.
Il a raison, bien sûr. Mais l’urgence dure depuis des années : ce n’est plus un incendie, mais un problème structurel qui demande des solutions durables. Pas des réponses au coup par coup où chacun refile la patate brûlante à son voisin. C’est là-dessus que tout le monde se casse les dents. Sauf les passeurs, qui gagnent des milliers d’euros chaque fois qu’ils jettent un malheureux dans un canot destiné à couler. Et ce commerce de chair humaine est encouragé par chaque refugié que sauvent les bateaux humanitaires ou les gardes-côtes européens.


Le pape ne s’est pas dérobé, mais on l’a senti mal à l’aise.


 Redoutable paradoxe qui en rappelle d’autres. Selon le FMI, 10 à 12 millions de jeunes Africains arrivent chaque année sur le marché de l’emploi. Or, le continent ne crée que trois millions d’emplois par an, souvent mal rémunérés. A cela s’ajoutent les guerres locales qui jettent les populations sur les routes de l’exil.
Une marée humaine frappe aux portes de l’Europe. Accueillir quelques millions de réfugiés n’y changera rien. Il faut des investissements sur place, il faut rendre l’Afrique accueillante aux Africains.
Ce serait la mission de l’Europe, mais elle tombe en morceaux. L’Union européenne a été pensée pour faire des affaires et pour cela ont été supprimées les frontières intérieures. Mais le reste n’a pas suivi. La maison européenne n’a pas de frontières extérieures, par d’armée, pas de politique étrangère commune. Et des traités mal foutus qui laissent l’Italie et la Grèce seules ou presque face au flot des migrants.
Si les hommes d’Etat européens ne font pas leur boulot, même un pape ne fera pas de miracle. L’heure est grave. Bientôt il sera trop tard pour sauver l’Europe.

Mise à jour le Mercredi, 27 Juin 2018 13:53
 

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