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top news photography France: «Je me suis trompé de Coran, d’islam et de Dieu»

Farid Abdelkrim était un jeune de banlieue fasciné par les Frères musulmans. Il est aujourd’hui un humoriste reconnu qui s’engage pour un autre islam, un autre rapport à la religion. Né en 1967 à Nantes, dernier d’une famille de cinq garçons, Farid Abdelkrim a été pendant quinze ans membre des Frères musulmans. Il aurait pu basculer dans la violence. Il admet aujourd’hui qu’il «s’est planté». En 2015, il a publié Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste. Farid est toujours croyant, mais il a retrouvé sa liberté. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 06 Juin 2018 00:00
 

Edito: Italexit

thibautLes difficultés de l’Italie pour former son gouvernement ont eu l’apparence d’une comédie, mais elles n’avaient rien de drôle. Elles se sont déroulées dans un décorum fabuleux, Rome, où l’on sait depuis l’Antiquité que les politiciens passent tandis que la Ville Eternelle demeure. Une scène baroque qui tempère la tragédie du pouvoir par l’esquisse d’un sourire, histoire au moins de fare bella figura, de «faire bonne figure», une qualité typiquement italienne qui fait que les lourdeurs de Wagner seront toujours l’antithèse du lyrisme de Verdi.
L’Europe de Bruxelles, elle, n’a pas du tout pris à la légère un gouvernement Mouvement 5 étoiles-Ligue du Nord. Les héritiers de Beppe Grillo et d’Umberto Bossi forment un attelage improbable, certes peu gracieux au pays de Giotto et Boccioni, mais voilà, ils sont sortis des urnes en mars. En démocratie, justement, ce sont les urnes qui décident.
On peut dès lors se poser la question du poids réel des choix démocratiques dans l’Union européenne. En refusant d’abord d’avaliser la nomination de l’eurosceptique Paolo Savona aux Finances – le nerf de la guerre, comme chacun sait –, le président de la République italienne Sergio Mattarella a donné une leçon à méditer. Avec son profil indépendant de professeur d’économie plutôt de centre droit, autodéfini comme «un fils de l’ère libérale démocrate», Savona est très critique sur l’euro et stigmatise le leadership de l’Allemagne. Verdict de Mattarella: «impossible», et l’Italie s’est dotée d’un autre ministre des Finances en la personne de Giovanni Tria favorable, lui, à la monnaie européenne.


«Les élections ne peuvent pas remettre en cause les traités.»


 Morale de l’histoire, car il y en a toujours une: voter en démocratie ne signifie plus que l’on soit nécessairement souverain dans son pays. Derrière Mattarella, résidu de la démocratie chrétienne qui a explosé avec les scandales de corruption révélés en 1992 (le Tangentopoli, l’opération Mani pulite), Bruxelles voulait éviter que la troisième puissance européenne ne fasse trembler «le système» avec un «Italexit».
Constat de l’histoire en cours: l’UE est un avatar marchand, libéral et technocratique du Saint-Empire romain germanique – encore qu’il faille biffer saint et romain pour qualifier cet ensemble supranational aux diktats atlantistes. Il est temps de se souvenir d’une phrase de Jean-Claude Juncker à l’adresse des Grecs il y a peu: «Les élections ne peuvent pas remettre en cause les traités». Hors l’UE, point de salut. Selon Bruxelles, il n’y aurait pas d’alternative possible. Ni à droite ni à gauche. C’est oublier qu’aucune politique viable ne peut se faire sans légitimité. Nous paierons très cher les coups de gueule de l’Europe d’en bas. Le mépris est souvent pire que la haine.

 

 

Mise à jour le Mercredi, 06 Juin 2018 14:47
 

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