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top news photography Jean-Pierre Denis, directeur du journal "La Vie"

L’Eglise va mal. Raison de plus pour que les chrétiens osent dire en quoi ils croient, affirme le journaliste français Jean-Pierre Denis, directeur de La Vie, dans son dernier livre, Un catholique s’est échappé. Sur la coque de son téléphone portable, on lit Jesus loves you. Associer ce message à Jean-Pierre Denis, qui a tout de l’intellectuel parisien avec sa barbe courte et ses lunettes rondes, a quelque chose de comique. «C’est une coque qui m’a été offerte, se justifie-t-il. L’autre jour, dans le métro, ça m’a donné l’occasion de parler avec une jeune femme noire chanteuse de gospel. C’est une porte ouverte à la conversation», affirme le rédacteur en chef de l’hebdomadaire catholique La Vie. Tout à fait dans la ligne de son dernier livre, Un catholique s’est échappé*, dans lequel il plaide pour un christianisme sans rouge au front. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 30 Mai 2018 00:00
 

Edito: Le refus des interdits

patrice5Deux Irlandais sur trois ont choisi de mettre fin à l’interdiction de l’avortement. «L’Irlande devient un pays comme les autres», se félicite Le Monde du 27 mai en présentant ce vote comme une victoire de la liberté et une défaite de l’Eglise.

Le Monde a raison: le vote irlandais n’est qu’une étape du mouvement d’émancipation qui balaie l’Europe depuis un demi-siècle. Ce qui disparaît sous nos yeux, c’est une civilisation de l’obligation et de l’interdit. Le vocabulaire de mon enfance parlait de «devoir civique» et de «devoir conjugal», «d’obligations militaires» et d’«interdits religieux». C’était le monde des dix commandements. La discipline était la norme et la désobéissance sanctionnée.
Pièce par pièce, ce système a été démonté. Non sans effets secondaires inattendus et indésirables. A l’école, par exemple, on nous tapait sur les doigts et personne ne s’en formalisait. Aujourd’hui, l’enseignante qui donne une tape à un gosse de 11 ans qui l’a traitée de «salope» et de «connasse» risque sa place, comme le raconte une surveillante. Les interdits n’ont pas disparu, ils se transforment.
Reste que l’évolution est nette: en matière d’avortement et de sexualité, les hommes et surtout les femmes ne veulent plus de tutelle. Ni de l’Etat ni de l’Eglise, elle-même décrédibilisée par les scandales qui minent sa hiérarchie, notamment au Chili.
Comment continuer? Comment sauvegarder ce qui est un acquis précieux de la civilisation: le fait que chaque être, même minuscule, handicapé et fragile, n’est pas une chose dont on peut se débarrasser, mais une personne avec sa dignité et son besoin d’être aimé?


La discipline était la norme et la désobéissance sanctionnée.


 Pour cela, je crois, il faut partir d’une certitude: le bien de la femme et celui de l’enfant ne sont pas contradictoires. Même si c’est difficile, même s’il y a parfois de gros obstacles. La Constitution irlandaise mettait le droit de l’enfant en concurrence avec le droit de la mère, menacée de prison (jusqu’à 14 ans) si elle avortait. Comme s’il fallait défendre le bébé contre sa mère. C’était une pédagogie de la contrainte et de la peur, renforcée par les menaces de l’enfer brandies par l’Eglise.
C’est cette pédagogie qui a été rejetée et c’est un message qu’il faut entendre. La femme enceinte n’a pas besoin de menaces, mais du soutien inconditionnel de ses proches, de l’Etat, de la société. Alors elle pourra croire que cet enfant, même imprévu et encombrant, n’est pas l’ennemi de sa liberté.
Alors pourra commencer, peut-être, la réconciliation entre les femmes et l’Eglise.

Mise à jour le Mercredi, 30 Mai 2018 14:32
 

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