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top news photography Roger Simon-Vermot: «Mon amour pour ma femme s’est démultiplié»

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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 23 Mai 2018 00:00
 

Edito: Le steak de mon voisin

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En trois mois, treize boucheries et commerces genevois ont été attaqués par les défenseurs des animaux, véganes et autres antispécistes. En Suisse romande, les militants de la cause animale sont plus de mille, estime la Tribune de Genève. Et certains caillassent les vitrines.
Geste idiot, bien sûr, parce que la violence n’aide pas à penser. Et parce qu’il s’en prend aux lampistes: les artisans bouchers sont les derniers de la chaîne et ils sont aussi des victimes du système.
Mais je sais que tout se tient, comme l’explique le dernier numéro de Limite: 110 pages de réflexions vitaminées sur l’écologie intégrale. Celles de Jocelyne Porcher*, par exemple: cette fille d’ouvrier parisien élève des poules, puis des moutons avant de devenir sociologue et universitaire. L’élevage, rappelle-t-elle, c’est dix mille ans d’histoire. Bien fait, il permet une forme de coopération entre l’homme et l’animal. Qu’il s’agisse de vaches, de moutons ou d’un chien, «les animaux s’investissent dans le travail avec les humains et cherchent à atteindre les objectifs fixés. Ils en retirent même du plaisir».
Tout se casse au 19e siècle avec l’industrialisation et surtout à partir de 1950, quand les antibiotiques et l’agrochimie permettent de créer de gigantesques usines à viande: «Les animaux sont devenus des machines animales fournisseurs de matière animale». Elle parle de 850 cochons tués à l’heure dans les abattoirs. La mort à la chaîne, les saucisses de Verdun.


En trois mois, treize boucheries genevoises ont été attaquées.


Pour Jocelyne Porcher, ce n’est pas la mort de l’animal qui pose problème, mais la logique industrielle qui l’a précédée: «Ces animaux meurent comme ils ont vécu, dans la violence, la peur et l’indifférence». Rien à voir avec un élevage digne de ce nom.
Elle n’est pas plus tendre avec les partisans de la libération animale. Pour elle, véganes et antispécistes nous conduisent tout droit au monde sans animaux dont rêvent les multinationales qui veulent nous faire manger de la viande de synthèse produite en laboratoire. Eventuellement par des robots.
Ce qu’il faut, dit-elle, c’est «sortir du capitalisme. Car nous serons incapables d’offrir une autre vie aux animaux si nous ne sommes pas capables de nous la donner aussi. La condition animale, c’est la nôtre». Et un monde sans animaux est un monde inhumain. Ce qu’il faut, dit-elle, c’est renoncer à manger des produits animaux industriels et consommer davantage de viande issue de l’élevage.
Non à la viande industrielle, oui au steak de mon voisin éleveur. C’est mieux que les cailloux.

Mise à jour le Mercredi, 23 Mai 2018 15:12
 

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