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top news photography Saint-Marin, une terre de liberté

Perchée sur le mont Titan, la vieille ville fortifiée de Saint-Marin est l’une des plus anciennes républiques du monde, enclavée à l’intérieur de l’Italie. Déambulation dans ses rues médiévales et ascension de ses trois tours. «Mon passeport intrigue souvent les douaniers. Ils se demandent si la République de Saint-Marin existe bel et bien. Sur certains continents, la situation est parfois cocasse, voire stressante, lorsque Saint-Marin ne figure pas sur la liste d’entrée, que ce soit avec ou sans visa», explique Maria Rosa, originaire de San Marino, le nom italien de Saint-Marin. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 09 Mai 2018 00:00
 

Edito: Il faut un coupable

patrice5

Ce drame m’a poursuivi pendant toute la semaine. Me réveillant la nuit, je m’imaginais creusant un trou dans la neige pour mettre mes amis à l’abri du vent et de la neige. Samedi encore, lors d’une assemblée du Club alpin, la question a été posée: que faire si une tragédie semblable devait frapper certains d’entre nous?
Je fais évidemment allusion au drame d’Arolla: dans la nuit du 29 au 30 avril, quatorze skieurs ont été pris dans une tempête de foehn. Ils ont erré pendant des heures dans le brouillard avant de se blottir au milieu des rochers dans le vain espoir de se protéger du vent. Sept personnes sont mortes de froid et d’épuisement, dont le guide âgé de 59 ans, un Italien qui vivait à Chiasso, au Tessin, et sa femme de 52 ans. Et cinq autres clients de ce guide engagé pour les conduire de Chamonix à Zermatt, la Haute Route classique.
Devaient-ils mourir ? Une semaine après le drame, la question enfle et le guide est sous le feu des critiques. Dans la NZZ am Sonntag, un des Italiens survivants, Tommaso Piccioli, affirme que le guide n’avait pas de GPS, qu’il s’est perdu plusieurs fois et qu’à un moment donné Piccioli (qui avait un GPS) lui a dit: «Je ne te suis plus, mais tu peux me suivre ». Il a pris la tête du groupe, qui s’est trouvé bloqué sur une arête. Ils étaient tout près de la cabane des Vignettes, mais incapables d’avancer.
Toute la semaine, j’ai été frappé par l’emballement des rumeurs et des informations contradictoires. Le 2 mai, par exemple, le Corriere del Ticino citait un membre de la colonne de secours du Tessin qui disait: «Ce guide, je lui aurais confié ma vie sans hésiter. C’était le guide avec un G majuscule!». Dans la presse du week-end, par contre, il apparaissait comme un incompétent.


On veut bien se faire peur, mais en étant sûr d’arriver.


Des journalistes interpellent le président des guides suisses pour demander s’il est permis de prendre autant de clients: ne faudrait-il pas limiter les groupes? Exiger la maîtrise du GPS et d’autres outils de pointe? Mais personne ne s’interroge sur le degré d’autonomie et la compétence des participants.
Je me garde de juger une situation encore mal connue. Je sais seulement que si le guide avait trouvé la cabane, tout le monde aurait trouvé cela normal. Il a échoué et il passe pour un malfaiteur.
Dans un cas comme dans l’autre, l’idée est que la montagne doit être sous contrôle. Au besoin en multipliant les règles, les interdictions et le recours à la technique.
On veut bien se faire peur, mais en étant sûr d’arriver. Comme si l’erreur n’était toujours possible. Comme s’il fallait toujours un coupable.

Mise à jour le Mercredi, 09 Mai 2018 12:04
 

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