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top news photography France: «Je me suis trompé de Coran, d’islam et de Dieu»

Farid Abdelkrim était un jeune de banlieue fasciné par les Frères musulmans. Il est aujourd’hui un humoriste reconnu qui s’engage pour un autre islam, un autre rapport à la religion. Né en 1967 à Nantes, dernier d’une famille de cinq garçons, Farid Abdelkrim a été pendant quinze ans membre des Frères musulmans. Il aurait pu basculer dans la violence. Il admet aujourd’hui qu’il «s’est planté». En 2015, il a publié Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste. Farid est toujours croyant, mais il a retrouvé sa liberté. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 02 Mai 2018 00:00
 

Edito: La révolution est à venir

patrice5Sous les pavés la plage, évidemment. A lui seul, ce slogan résume Mai 68, son romantisme et son échec. Mais il nous parle encore. Parce qu’on ne peut pas se contenter de ce qui est. Parce que la révolution est encore à faire.
La plage, c’était un rêve de soleil et de sable chaud. Sea, sex and sun. Mais pour voir la mer, il fallait raser les montagnes, il fallait arracher les pavés pour les jeter sur des CRS qualifiés de SS, l’injure suprême.
La violence est présente dès les premières échauffourées en Italie, puis en France. Si les autorités en sont en partie responsables par leur rigidité, la violence avait été théorisée dans les amphis qui la voyaient comme «une accoucheuse de l’Histoire», formule de Karl Marx. Elle était justifiée par la violence de l’Etat, de l’armée, des patrons. Les étudiants cravatés de Mai 68 feront le coup de feu en Allemagne dans la bande à Baader, en Italie dans les années de plomb. Sous les pavés, le sang a coulé.
Mai 68, c’était aussi la musique et la drogue: la belle chanson des Beatles, Lucy in the Sky with Diamonds, est interdite parce que ses initiales font penser au LSD. C’était le temps de l’école sans notes ni contraintes, de l’élevage des chèvres par des hippies qui préféraient l’amour à la guerre.


La plage est polluée et le béton couvre les pavés.


Beaucoup se moquent aujourd’hui de ces nuits chaudes où l’on «cassait du bourgeois» pour «jouir sans entraves». Ces pulsions adolescentes ont été récupérées par l’industrie de la consommation. N’empêche. Quand on se plonge dans ces années-là, on y trouve une formidable aspiration à la liberté (notre dossier en pages 10-13 et 26-29). Les adultes disaient travail et discipline, bonnes manières et respect de l’autorité. Les jeunes entendaient métro, boulot, dodo et ils dénonçaient des règles hypocrites au service des possédants. Ils voulaient autre chose, ils voulaient mieux.
Cinquante ans plus tard, qu’en reste-t-il? Nos sociétés sont plus libres et plus ouvertes, mais surtout plus libérales: les vieilles solidarités familiales, villageoises et syndicales ont été laminées par le libre marché. Les pauvres, les vieux, les moches sont plus que jamais au bas de l’échelle. La technique triomphe, mais le doute s’installe. La plage est polluée et le béton couvre les pavés.
Qui porte encore l’espoir d’un monde meilleur? Pas les idéologies, encore moins les politiciens. Mais quand j’entends le vieil homme en blanc qui est au Vatican, quand je vois l’exemple de ceux que François appelle «des saints», je me dis que, oui, une autre révolution est possible. Nos désirs de paix, de vérité et d’amour ne sont pas des utopies.

 


Mise à jour le Mercredi, 02 Mai 2018 14:40
 

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