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top news photography France: «Je me suis trompé de Coran, d’islam et de Dieu»

Farid Abdelkrim était un jeune de banlieue fasciné par les Frères musulmans. Il est aujourd’hui un humoriste reconnu qui s’engage pour un autre islam, un autre rapport à la religion. Né en 1967 à Nantes, dernier d’une famille de cinq garçons, Farid Abdelkrim a été pendant quinze ans membre des Frères musulmans. Il aurait pu basculer dans la violence. Il admet aujourd’hui qu’il «s’est planté». En 2015, il a publié Pourquoi j’ai cessé d’être islamiste. Farid est toujours croyant, mais il a retrouvé sa liberté. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 18 Avril 2018 00:00
 

Edito: cet homme est dangereux

patrice5Faut-il en rire ou craindre le pire? Ecrivant au lendemain de la punition infligée à la Syrie par Donald Trump et ses alliés, j’aimerais plaisanter sur ce feu d’artifice tiré pour la galerie, mais je ne peux pas. Parce que, sur place, la guerre continue. Parce que le président de la première puissance du monde se comporte comme un gamin brandissant ses jouets – «Nos missiles arrivent et ils sont beaux, nouveaux et intelligents!», a-t-il osé écrire aux Russes – au lieu de travailler à la paix. Parce qu’un jour, peut-être, les historiens diront que ce gamin était fou et qu’il a conduit le monde au désastre.

Rembobinons le film: avec l’aide des Russes, Bachar el-Assad est en train de reconquérir son pays morceau par morceau. Il a repris Alep-Est en 2016, il a récupéré avant Noël de vastes territoires tenus par Daech dans l’est de la Syrie et il voulait liquider l’enclave rebelle aux portes de Damas: la Ghouta, une banlieue pauvre d’où les milices balançaient régulièrement des obus de mortier sur la capitale. Assad mérite peut-être la corde, mais son comportement est rationnel.
Or, après des semaines de combat, alors que la Ghouta est vaincue et déjà presqu’entièrement sous contrôle, ce même homme lancerait une attaque chimique sur des femmes et des enfants? Il a gagné, mais il veut passer aux yeux du monde pour un criminel de guerre? Il fait exprès de prendre des missiles sur la figure?
Allons plus loin: qui avait intérêt à ce que Bachar el-Assad passe pour un «animal», comme l’a qualifié Trump dans son tweet? Ses ennemis, qui ont perdu la bataille sur le terrain, mais qui espèrent encore la gagner devant l’opinion internationale. Quitte – hypothèse horrible – à planifier un carnage dans leur propre camp.


Donald Trump avait annoncé de beaux missiles, il devait les tirer.


Je sais qu’en Syrie tout est possible et qu’il est très difficile de démêler les faits des manipulations. Il se peut qu’Assad soit un boucher «qui aime tuer son peuple» (c’est encore Trump qui le dit). Mais quand même: la question «à qui profite le crime?» aurait mérité d’être posée sérieusement. Je ne l’ai pas trouvée dans les médias qui ont répété les accusations de Trump, Macron et consorts.

Curieusement, les experts de l’OIAC, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, dont les Etats-Unis sont membre (la Suisse aussi), étaient en route pour Damas. La Syrie avait donné son accord pour une enquête. Il était donc possible d’attendre des preuves avant de punir Assad.
Mais non: Donald Trump, le cow-boy qui parle avant de réfléchir, avait annoncé de beaux missiles, il devait les tirer. Cet homme est dangereux.

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Mise à jour le Jeudi, 19 Avril 2018 12:50
 

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