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top news photography Roger Simon-Vermot: «Mon amour pour ma femme s’est démultiplié»

Un dimanche de février 2011, Roger Simon-Vermot se trouve complètement démuni suite à l’évanouissement de sa femme. Stupeur: c’est un AVC! Notre chroniqueur BD raconte les quatre premiers mois de cette épreuve dans un livre émouvant. Une leçon de courage et un message d’espoir. Au nom de l’amour. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 11 Avril 2018 00:00
 

Edito: Article 2018

thibautPersonne n’échappera aux commémorations de mai 68. «50 ans, ça suffit!», réagissent les anti-politiquement corrects en appelant à une révolution conservatrice, voire populiste. «50 ans, le bel âge!», répondent les héritiers des lanceurs de pavés, certes sur la défensive mais tout aussi lassants que leurs adversaires «réacs».
Dans un monde où l’obsolescence est un programme établi, l’obsession pour le passé est inquiétante et pétrie de paradoxes. Ces jours-ci, c’est frappant chez nos voisins français. Plus d’un commentateur, visage grave et verbe prophétique, se demande si les grèves de la SNCF préfigurent un «autre mai 68». D’autres l’espèrent même.
Une réplique sismique cinq décennies plus tard? Une génération de néo-hippies sur le point d’émerger? Karl Marx disait: «L’histoire se répète, tout d’abord comme une tragédie, après comme une farce». Va pour la mauvaise blague? Pas du tout. Rien ne recommence. Tout est unique. Et le monde a beaucoup changé depuis 1968.
En voyant les cheminots français mobilisés, ce sont plutôt les grèves des mineurs anglais de 1984 qui viennent à l’esprit. Bien entendu, la France d’Emmanuel Macron n’a pas grand-chose à voir avec l’Angleterre de Margaret Thatcher. Ce qui est significatif, c’est la portée politique du bras de fer entamé.
Souvenons-nous: les gueules noires du Yorkshire ont eu les reins brisés. Au nom d’un libéralisme conquérant, dont elle fut l’incarnation européenne, et de la réforme de sa patrie, menacée d’impéritie, «la Dame de fer» mit à terre le bastion du syndicalisme britannique. Elle réussit son pari. Ensuite de quoi la gauche anglaise se rallia au libéralisme par l’entremise de Tony Blair, avec les conséquences que l’on sait.


Astérix a les foies. Et cela se comprend.


 En 2018, la France est le dernier pays d’Europe occidentale à être pointé du doigt pour sa «difficulté à se réformer», son «inadaptation à la modernité», ses «reliquats» d’Etat-providence. Il est vrai que l’Hexagone, ankylosé, meurtri pour toutes sortes de raisons, n’est pas au beau fixe; il y a tant à changer... Mais les visages crispés de ses cheminots sentent la peur de l’avenir, pas le parfum printanier du joli mois de mai. Astérix a les foies. Et cela se comprend.
La France du rail craint la réforme promise par Emmanuel Macron parce qu’elle devine ce que ce terme apparemment raisonnable masque: un traitement de choc. Une thérapie libérale qui correspond aux desiderata de Bruxelles et à la doxa économique dominante. De l’autre côté de la frontière, nombre d’usagers se plaignent d’être pris en otage par «ces syndicalistes qui exagèrent». Selon eux, les employés de la SNCF seraient des «privilégiés». Mais il n’y a pas de salariés «privilégiés» dans une démocratie. Ou alors il faut se coucher devant l’uberisation du monde en cours.

Mise à jour le Mercredi, 11 Avril 2018 13:19
 

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