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top news photography Saint-Marin, une terre de liberté

Perchée sur le mont Titan, la vieille ville fortifiée de Saint-Marin est l’une des plus anciennes républiques du monde, enclavée à l’intérieur de l’Italie. Déambulation dans ses rues médiévales et ascension de ses trois tours. «Mon passeport intrigue souvent les douaniers. Ils se demandent si la République de Saint-Marin existe bel et bien. Sur certains continents, la situation est parfois cocasse, voire stressante, lorsque Saint-Marin ne figure pas sur la liste d’entrée, que ce soit avec ou sans visa», explique Maria Rosa, originaire de San Marino, le nom italien de Saint-Marin. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 14 Mars 2018 00:00
 

Edito: le goût de la craie

patrice8

Enfant de l’autre siècle, j’ai grandi devant un tableau noir. Mes premières lettres, je les ai tracées sur une ardoise et j’ai encore en mémoire le goût laissé par la craie quand j’effaçais mes gribouillis ou quand la maîtresse nous envoyait au tableau noir passer le chiffon. L’écriture avait une odeur, une saveur.
Après, on passait à l’encre qui faisait des taches et qui laissait un goût douceâtre sur la langue. Un temps aussi lointain que celui des moines copistes penchés sur leurs parchemins: dans les classes, aujourd’hui, des tableaux interactifs ont chassé les tableaux noirs et les tablettes ont remplacé, dans certaines écoles, les cahiers d’autrefois. Lisez notre reportage dans une école privée romande où chaque élève a sa tablette (voir en pages 18-25). C’est un progrès, dit-on, en particulier pour les enfants handicapés.
D’accord, mais il me reste un zeste de soupçon. Dans la revue Limite, je suis tombé sur un article d’Olivier Rey, philosophe et mathématicien*. Il dénonce le fait que ces tablettes renforcent l’dée que tout doit passer par l’usage d’appareils, d’ailleurs vite périmés: si l’écran noir était increvable, les ordinateurs, eux, encombrent les décharges.
La dynamique capitaliste y trouve son compte, préparant ainsi des ouvriers formatés au monde digital qui les attend. Mais l’explosion des outils numériques annonce aussi le remplacement de l’enseignant par des «accompagnateurs du savoir» moins chers et moins critiques. «Le professeur n’est plus indispensable: on peut tout savoir sans sortir de chez soi!», s’exclamait par exemple Michel Serres, grand admirateur de cette civilisation digitale, dans son livre Petite poucette.


Si l’écran noir était increvable, les ordinateurs encombrent les décharges.


Le savoir, rétorque Olivier Rey, vient du mot latin sapere: avoir du goût et être capable d’apprécier ce qu’on goûte. Mais cela passe par la formation de l’esprit critique, car «les informations en elles-mêmes sont insipides». Pour cela, il faut des profs. Et la facilité des tablettes n’est pas toujours formatrice: prendre des notes à la main ou chercher un mot dans le dictionnaire en le feuilletant aussi vite que possible inscrit l’information dans nos neurones mieux que le fait de tapoter sur un écran. L’homme est manuel autant que visuel.
«Ceux qui rêvassaient en regardant par la fenêtre peuvent le faire devant leur écran», dit un professeur rencontré dans notre reportage. Ecolier ou collégien, j’ai passé des heures à m’envoler par la fenêtre, à m’inventer d’autres jeux et d’autres plaisirs. Jamais je ne voudrais échanger ces fenêtres contre le cadre étroit d’un écran.

Mise à jour le Mercredi, 14 Mars 2018 15:47
 

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