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Travail des enfants, pollution et dégradation de l’environnement, ouvriers exploités: nombreux sont les reproches faits aux multinationales. Pourrait-on les rendre responsables des dégâts commis et les faire passer à la caisse? Une initiative allant dans ce sens a récolté plus de 120’000 signatures, déposées à la chancellerie fédérale en novembre 2016. Pour en savoir plus...
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Articles 2018 - Edito
Mercredi, 07 Février 2018 00:00
 

Edito: le dogme libéral

patrice7

Dans mon quartier, les grues poussent plus vite que les arbres. La semaine dernière démarrait un projet de trois immeubles, dont une tour de douze étages, à trois cents mètres de chez moi. Soit 234 appartements coincés entre la route et le chemin de fer. Pour la commune, c’est «une densification de l’habitat au bon endroit».
J’y ai pensé en feuilletant le tout-ménage de l’UDC qui invite à signer sa nouvelle initiative «pour une immigration modérée». Ou plutôt contre la libre circulation des personnes venant de l’Union européenne. Cette brochure est illustrée par des barres d’immeubles, des voitures et des migrants qui envahissent le pays.
C’est le fonds de commerce ce par- ti: il y a trop d’étrangers qui mangent le pain des Suis- ses, leur travail et leur espace vital. Ce pays comptait 7,2 millions d’habitants en 2002, lorsque la libre circulation a été votée, il en avait 8,5 millions fin 2017 et il en aura bientôt dix millions: «Un nombre croissant de personnes doivent se partager le même ‘gâteau ‘», écrit l’UDC, pour qui «la libre circulation des personnes doit cesser».
Sommes-nous vraiment trop nombreux? Avec trop d’étrangers? Les trains bondés et les autoroutes surchargées, je connais. De même que les bâtisses qui sortent de terre comme des champignons après la pluie. Et je connais des gens au chômage parce que des Français traversent chaque jour le Léman pour 2500 francs par mois.


Les trains bondés et les autoroutes surchargées, je connais.


Les problèmes existent, bien sûr. Mais les solutions aussi. J’ai vu Genève se doter de trams remarquablement performants et je ne désespère pas de m’asseoir un jour dans les nouveaux trains promis par les CFF. Les immeubles manquent de charme, mais on n’y entend plus les rots du voisin. Et bon nombre d’immigrés débarquent avec des masters et des doctorats dont la Suisse profite à moindre coût: si le «gâteau» cher à l’UDC n’a cessé de grandir depuis quinze ans, c’est aussi grâce à eux.
La force de ce parti est telle que les signatures nécessaires seront récoltées. Il faudra donc débattre et voter sur la fermeture éventuelle des frontières aux travailleurs européens. Ce sera une bataille homérique, mais elle ne doit pas faire peur, au contraire. La libre-circulation est un dogme libéral. Il en va de même pour la multiplication des immeubles, des capitaux et des gadgets. Mais qui sont les gagnants, qui sont les perdants? Et si l’ouverture des frontières est bonne (ce que je crois), que voulons-nous partager avec les nouveaux arrivants?
Les dogmes ne sont utiles que si on peut les interroger, les critiquer. Pour décider ensuite de manière plus libre et responsable.

Mise à jour le Mercredi, 07 Février 2018 15:46
 

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