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Articles 2018 - A la Une
Écrit par Administrator   
Mercredi, 27 Juin 2018 00:00

 

Le pape à Genève

Une belle journée

 

 

 

Il est vingt heures ce jeudi 21 juin: l’avion du pape décolle direction Rome. C’était la première visite de François en Suisse. Exceptionnelle, cette visite le fut à plus d’un titre. A quelques jours de l’événement, le bilan est très positif.

 

 

2018-26-34A

1. Le pape est content

Peu après le décollage, le pape est allé à la rencontre des journalistes pour la traditionnelle conférence de presse. «Ce fut une journée pesante, au moins pour moi. Mais je suis content. Content des différentes choses que nous avons faites: la prière du matin (dans la chapelle du Conseil œcuménique des Eglises, ndlr), le très beau dialogue pendant le repas (en privé, avec le comité du COE, ndlr) et la messe. Ce sont des choses qui m’ont rendu heureux. Fatigantes mais bonnes.» L’invité quitte Genève content: c’est un succès à saluer.

2. Le défi a été relevé

Ne pas se rendre à l’aéroport sauf nécessité (au point que des compagnies avaient déplacé certains vols), ne pas rouler en ville et prendre les transports en commun: les mises en garde avaient été nombreuses avant le jour fatidique, sur un ton quasi apocalyptique. A croire que la fin du monde était proche. De fait, le trafic était d’une fluidité étonnante. Jeudi matin, les Genevois se croyaient revenus au temps béni où la ville leur appartenait. Les pèlerins venus voir le pape ont joué le jeu, la plupart empruntant le train ou le bus.

3. Drame il y a eu

Si l’arrivée a parfaitement fonctionné, le départ a été plus difficile. En cause: un suicide sur les rails entre Genève et Lausanne qui a bloqué les trains pendant près de deux heures. Pour les pèlerins qui rentraient à Fribourg, Zurich ou plus loin encore, ce fut pénible, mais les groupes contactés ont témoigné d’une grande sérénité et de beaucoup de patience même avec de petits enfants. Le beau moment vécu ensemble y a sans doute contribué.

4. Les sourires du COE

Avant la venue de François, les suppositions allaient bon train dans le petit monde médiatique: le pape venait-il à Genève pour une annonce surprise, soit l’entrée de l’Eglise catholique dans le COE, qui compte à l’heure actuelle 358 Eglises? Au final rien de tel, mais la qualité des échanges et l’évidente cordialité qui se lisait sur les visages des responsables du COE ne trompent pas (voir le texte de GdSC ci-dessous).

5. Apprenez (aussi) l’espagnol

Satisfaction aussi du côté des officiels: François s’est entretenu pendant vingt minutes avec le président de la Confédération, Alain Berset, qui pratique de nombreuses langues dont l’espagnol. La rencontre entre les deux hommes, a dit le pape dans l’avion, «n’a pas été un échange de courtoisie, mais un dialogue profond sur les problèmes du monde avec une personne dont l’intelligence m’a frappé». Beau compliment pour Alain Berset venant d’un pape. Par définition infaillible...

6. Les surprises de Palexpo

Le point fort de ce voyage était le pèlerinage du pape au COE qui fêtait ses 70 ans. Pour le bon peuple, qui ne pouvait accéder au COE, l’important était la messe avec le pape. Et le premier étonnement a été de constater l’étonnante diversité des langues qui résonnaient dans le hall d’entrée de Palexpo. Dans cette tour de Babel, les francophones n’étaient pas toujours les plus nombreux. Avant la messe, lorsque l’évêque auxiliaire Mgr Alain de Raemy a salué les groupes présents, les ovations des Italiens, des Français et des Portugais (sans oublier les Africains et les Philippins) l’emportaient sur celles des Suisses, le tout dans une explosion de bonne humeur.

7. Combien étaient-ils?

41’000 billets avaient été mis à disposition par les organisateurs. Au final, les personnes présentes ont été 40’000, écrit l’agence cath.ch sur son site. Le service diocésain de la communication a annoncé 37’000 participants, plusieurs journaux en ont compté 30’000 seulement. «Dans la première salle, on voyait mal et les bancs n’étaient pas très confortables», commente Jean-Baptiste Henry de Diesbach, un des nombreux bras droits de Mgr Charles Morerod. «Finalement, il est heureux que tout le monde ne soit pas venu.» Cela veut dire aussi que Palexpo était au maximum de ses capacités pour un événement de ce genre.

8. François parle français

Une des autres surprises de la journée: le pape, qui ne parle qu’en espagnol et en italien, a prononcé une partie de la liturgie en français. Gentille concession faite à la Suisse romande, qui a confirmé que le pape... manque un peu d’entraînement. Mais la prédication a été bien suivie, le texte en français défilant sur les écrans.

9. Un air de fête

Au final, le (trop) bref passage de François a reçu un écho extrêmement positif. Quelques critiques se sont faites entendre, en particulier parmi les éditorialistes (voir en pages 36-37), mais elles n’allaient pas au-delà des clichés.
«Pour moi, ce fut d’abord une rencontre. Rien de formel, une rencontre humaine», a dit le pape dans l’avion du retour en répétant ce mot plusieurs fois. C’est aussi ce qu’ont vécu les milliers de personnes qui l’ont salué. Le pape François va-t-il renoncer au traditionnel maté argentin pour ne boire que «la bière de l’évêque» qu’il a emportée avec lui dans l’avion?

Patrice Favre


Le sourire du COE 

2018-26-35AAux côtés de François tout au long de la journée, et avec une pointe d’admiration, le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE. Ce n’est pas la première fois que les deux hommes se rencontrent et les relations entre eux sont cordiales.
Le secrétaire général du COE a salué, devant un parterre de représentants de plusieurs Eglises, un jour «symbole de l’amour divin ancré au cœur de notre foi», une visite montrant «qu’il est possible de surmonter les divisions et la distance, mais aussi les profonds conflits provoqués par des traditions et des convictions de foi différentes». Elle est le signe «que nous pouvons nous réconcilier et vivre ensemble comme une seule humanité, en sauvegardant la vie de notre seule terre, notre maison commune», «un signe de l’espérance d’un avenir commun et partagé pour toutes et tous».
Le pasteur en est convaincu: «Nous sommes appelés au ministère de la réconciliation en pratiquant la ’realpolitik’ de l’Eglise de Jésus-Christ» qui «est toujours une affaire d’amour. L’amour est le commencement et la fin de tout ce que nous devons dire et faire ensemble. Il est la motivation donnée par Dieu pour l’unique missio Dei (mission de Dieu), accomplie dans le seul mouvement œcuménique».
Olav Fykse Tveit a salué l’attachement du pape à l’unité au service de la justice et de la paix, un pape qui «sort des zones de confort de l’Eglise» et exerce ses responsabilités de façon exemplaire, notamment en matière de diaconie et de mission. Il a rappelé l’étroite collaboration entre le COE et l’Eglise catholique et affirmé: «Nous sommes déterminés à aller plus loin avec vous et avec les autres représentants de l’Eglise catholique romaine»; et appelé de ses vœux «de nouveaux lieux de rencontre et de partage des dons de Dieu».

Geneviève de Simone-Cornet

 La parole des femmes 

La chapelle du COE débordait de monde et de lumière en ce matin du 21 juin: elle accueillait les représentants des Eglises membres du COE pour une prière œcuménique avec le pape. Parmi eux, beaucoup de femmes – ce qui tranchait avec l’accueil à l’aéroport – en habits colorés, certaines avec un col romain. Dans la chaleur du bois clair et la lumière des vitraux, la joie et la ferveur, qui se lisaient sur tous les visages.
«Ce n’est pas seulement une femme, mais c’est une femme de caractère», pouvait-on entendre dans les allées de la salle de presse. Lorsque la Kenyane Agnes Abuom, présidente du Comité central du COE, prend la parole, sa voix est ferme et déterminée. Quand elle s’est élevée dans la chapelle, puis la salle Visser’t Hooft, c’était pour saluer la participation de François à la célébration des 70 ans de l’organisation, participation qui «perpétue la tradition d’ouverture à la rencontre et au dialogue que nous lui connaissons». Ainsi, «notre espérance partagée dans l’Evangile de Jésus-Christ et le témoignage commun des Eglises sont des antidotes contre le désespoir et l’indifférence», car «nous manquons à nos responsabilités à l’égard de la vie, de la justice et de la paix si les Eglises sont divisées».
Agnes Abuom a souhaité que la visite du Saint-Père «marque effectivement une nouvelle phase dans la coopération et l’unité chrétienne». Et dit le désir du COE d’avancer avec lui «en compagnons de pèlerinage» pour «visiter les blessures des personnes qui souffrent, célébrer le don de la vie qui vient de Dieu et nous engager ensemble dans des actions transformatrices qui élèvent la vie des gens». Car «le monde attend de nous, chrétiens et chrétiennes, que nous agissions ensemble au service de la justice et de la paix en plaçant au centre celles et ceux qui sont à la périphérie».

Geneviève de Simone-Cornet

 Dans la chorale de Palexpo 

Il est 17h12, le pape commence la messe et la moitié de la chorale est aux toilettes. On nous avait dit que François se sentait libre avec les horaires, mais on ne s’attendait pas à vingt minutes d’avance! Nous ne sommes pas les seuls: des invités VIP, dignitaires orthodoxes et dames en noir et talons hauts se fraient un chemin vers le premier rang, ahuris de voir que la liturgie a commencé sans eux.
Qu’importe, nous sommes portés par la joie palpable de la foule qui s’est massée patiemment depuis la fin de la matinée et qui a fêté l’arrivée du pape avec un enthousiasme retentissant. Quand François est passé devant la chorale, il nous a fait un grand sourire: il faut chanter, chanter, et réprimer l’émotion qui noue les gorges!  
Peut-être croiserons-nous son regard en allant psalmodier sur l’estrade? Concentration. Le psaume est en allemand et cette langue contient une quantité ahurissante de consonnes. Le pape est à trois mètres derrière nous: le dernier refrain terminé, nous retenons notre souffle avant de nous incliner dans sa direction... le voilà yeux fermés, menton sur la poitrine, qui semble dormir comme un bienheureux!  
Désappointés par cette vision, encore émus d’avoir chanté devant 37’000 personnes, on ne sait plus par où redescendre de l’estrade. Notre petite file indienne de quatre chanteurs choisit (à tort) le chemin le plus court pour regagner les coulisses, passe devant un alignement de calottes roses et entre en collision avec les servants de messe sous le regard noir du cérémoniaire.
La régie, qui assiste sans doute à la première messe de sa vie, n’allume jamais les micros à temps ; et d’où nous sommes, nous ne comprenons pas un traître mot de ce qui est dit. On regardera la télé pour savoir ce qui s’est passé à 20 mètres de nous. Ça y est, c’est fini. Vraiment? Le pape est parti? On préparait cette messe depuis deux mois et on a poireauté sept heures sur place. Pourtant la joie flotte encore dans l’air. Merci François!

CMC

Mise à jour le Mercredi, 27 Juin 2018 13:11
 

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