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Articles 2018 - A la Une
Écrit par Administrator   
Jeudi, 21 Juin 2018 00:00

 

Wim Wenders

Aujourd'hui, François serait écolo

 

 

 

Le documentaire que le réalisateur allemand a consacré au pape François passe sur les écrans romands. Bien qu’initié par le Vatican, «ce film est mon film», défend Wim Wenders, qui se dit «chrétien œcuménique».

 

 

2018-25-30AC’est le Vatican qui est à l’origine de ce projet de documentaire. Quelle est la part de Wim Wenders dans ce film ?

Wim Wenders : – Tout. Ce sont eux qui ont lancé le projet. Ils m’ont demandé si cela m’intéresserait de faire un documentaire sur le pape François. Lorsque j’ai accepté, ils ne sont plus intervenus. Ce film est devenu mon film.
Comme mes autres documentaires qui parlaient de mon amour pour la musique (Buena Vista Social Club), la photographie de Sebastião Salgado (Le Sel de la terre) ou la danseuse Pina Bausch (Pina), celui-ci parle de mon admiration et de mon respect pour cet homme depuis le jour où il est apparu sur le balcon de Saint-Pierre. La texture de ce film est mon amour pour le courage de cet homme. Mais ensuite, je me suis effacé à son profit.

Vous faites un parallèle avec saint François d’Assise dont il porte le nom. Que représente pour vous la figure de ce saint ?

– J’ai eu une éducation catholique et j’ai toujours été impressionné par la radicalité de François d’Assise, son choix de la pauvreté et son rapport avec la nature. C’était un visionnaire, dont on a encore plus besoin aujourd’hui qu’à l’époque. De nos jours, saint François d’Assise serait un écologiste.
Le choix de son nom par le pape était déjà l’affirmation d’une volonté. Avec ce film, je voulais rendre hommage à son courage et à cette certitude d’avoir quelque chose d’important et d’urgent à faire malgré les résistances qu’il rencontre au sein d’une institution qui est devenue rigide et avant tout un lieu de pouvoir.

Etait-ce aussi pour vous une façon de vous réconcilier avec le catholicisme dont vous vous étiez éloigné ?

– Je suis chrétien. J’ai eu une éducation catholique, puis je me suis converti au protestantisme. Aujourd’hui je dirai que je suis un chrétien œcuménique. Je peux aller à la messe, un dimanche à l’église et le suivant au temple. Je reste proche du catholicisme et je me sens très proche du théologien franciscain, Richard Rohr.
J’aurais aimé être fier d’appartenir à l’Eglise catholique, mais j’ai beaucoup de raisons de ne pas l’aimer. Le pape François est la meilleure chose qui pouvait lui arriver pour la faire basculer dans le 21e siècle. Il a cette faculté d’animer le cœur des gens et de les faire se sentir concernés.

Le documentaire parle davantage du message du pape que de la foi qui le sous-tend. Etait-ce une volonté afin de toucher le public le plus large ?

– Le pape fait tout de même référence à plusieurs reprises au Christ, il est le pape et l’évêque de Rome. Mais c’est aussi un homme ouvert. Il s’est rapproché du chef de l’Eglise orthodoxe russe et son meilleur ami est un rabbin. Pour lui, Dieu regarde tout le monde et aime chaque homme du même amour. C’est courageux et nécessaire de dire cela aujourd’hui dans le contexte actuel. C’est un homme avec un grand cœur et une foi si solide qu’il peut se permettre de s’adresser à tous au-delà des religions.

Le plus saisissant dans ce documentaire, c’est la façon dont le pape filmé en gros plan plonge ses yeux dans ceux du spectateur. Comment êtes-vous parvenu à ce résultat ?

– Lorsque le pape m’a accordé ces entretiens, je me suis dit que si j’avais ce privilège de pouvoir le regarder les yeux dans les yeux, je devais le partager avec les spectateurs. J’ai inventé un procédé particulier pour parvenir à ce résultat avec un téléprompteur inversé. Au lieu de lire ses réponses, il lisait mes questions et j’étais juste derrière pour qu’il regarde la caméra en face et non pas à côté. Je lui ai expliqué le procédé une fois, il s’est mis à ma place et je n’ai plus eu à lui expliquer, il avait parfaitement compris.

Recueilli par Céline Rouden/La Croix

 Force et simplicité 

Comme le dit son titre Le pape François, un homme de parole, c’est bien la force et la simplicité du message du pape argentin et sa résonance avec les inquiétudes de notre époque qui sont au cœur de ce documentaire. Il n’est ni une biographie de Jorge Mario Bergoglio, ni une exégèse de son pontificat, même s’il nous en montre toutes les étapes clés: le discours à la Curie sur les 15 «maladies» de l’Eglise, l’encyclique Laudato si’ sur les questions écologiques, le discours aux Nations unies appelant les dirigeants du monde à un examen de conscience, le voyage à Yad Vashem ou les images du pape aux côtés des migrants à Lesbos, avec les pauvres dans les favelas
de Rio ou lavant les pieds des prisonniers aux Etats-Unis.«Ce n’est pas un film sur lui, mais avec lui», a expliqué Wim Wenders. Il pourra paraître déconcertant que la foi qui sous-tend ce message soit peu évoquée. Sans doute parce qu’il s’agit moins pour Wim Wenders de glorifier la personne du pape que de faire entendre un homme qui fait de sa parole une arme contre les défis de notre temps.

CR/La Croix

Mise à jour le Jeudi, 21 Juin 2018 07:04
 

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