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top news photography Suisse: il y a 150 ans, le Seeland changea de destin

La correction des eaux du Jura est l’un des plus grands chantiers de l’histoire de la Suisse. Lancés il y a 150 ans, ces travaux gigantesques ont transformé le Seeland. Ils sont aussi à l’origine de l’existence des subventions publiques fédérales. Un héritage immense et une leçon de volonté bénéfique au plus grand nombre. Pour en savoir plus...
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Articles 2017 - Edito
Jeudi, 10 Août 2017 00:00
 

Edito: voir fait mal

thibaut«Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit», écrivait Charles Péguy il y a plus d’un siècle. Si l’on en croit l’auteur français de Notre Jeunesse, l’évidence relève de la voie étroite. Il n’est en effet pas tous les jours aisé d’être lucide, surtout quand les chaleurs estivales incitent au prélassement des corps et à la paresse mentale.

En temps normal, autrement dit hors les grandes vacances, on reproche aux médias leurs réflexes moutonniers, rendus encore plus déplorables par l’emballement permanent d’internet: flux d’information sans relief, répercussion démesurée de la moindre déclaration imbécile, polémiques téléguidées avec malveillance, etc. A tort souvent. A raison? Aussi souvent.

On a eu plusieurs exemples de fainéantise caractérisée ces derniers jours. Le feuilleton du Conseil fédéral n’est pas en cause, ce n’est après tout qu’un grand classique du genre. Ce qui est plus marquant, c’est l’actualité internationale. Celle qui excite les chiens de garde dont la salive dégouline à l’idée de façonner l’opinion publique.

Croyant discerner dans le Venezuela une dictature rossant des oies blanches, alors que la situation est autrement plus complexe, l’Union européenne et ses tambours médiatiques se sont soudain découverts spécialistes de l’Amérique latine. Du coup, chacun (ou presque) a détourné les yeux de ce qui se passe en Turquie, où l’on embastille à tout va; le procès des étranges putschistes de juillet 2016 se déroule dans une mise en scène à inscrire dans la longue et mauvaise histoire de la justice-spectacle.

Notre rapport à Ankara n’est-il pas plus important que le pétrole de Caracas qui, au demeurant, intéresse de près Washington? On relèvera que les dirigeants de l’UE et les âmes immaculées aux mains pures se sont alignés sur la Maison-Blanche et son bras armé de la guerre froide, l’OTAN, mais cela n’est pas nouveau. Qu’en aurait pensé Péguy? Sommes-nous plus borgnes qu’en 1914? Détournons-nous le regard de ce qui nous gêne pour mieux blâmer de lointains et confus problèmes? Souffrons-nous d’un complexe existentiel?

 


Souffrons-nous d'un complexe existentiel?

 


 

Il est tellement plus facile de cracher sur le clown Trump qui veut faire payer un nouveau mur de la honte au Mexique plutôt que de contempler le cimetière de migrants qu’est devenue la Méditerranée. Il en est de même avec le grand méchant Poutine qui incommode tant l’Oncle Sam et ses valets européens. Pendant ce temps, la Chine poursuit sa montée en puissance et le Qatar, avec l’affaire Neymar, prépare son après-pétrole. Aux dernières nouvelles, les investissements de Pékin et de Doha sont toujours les bienvenus dans l’UE. Voir fait mal. Mais il y a pire: se réveiller une fois l’excuse de la canicule passée.C’est une nécessité.

Mise à jour le Jeudi, 10 Août 2017 12:22
 

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