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Articles 2017 - Edito
Mercredi, 10 Mai 2017 00:00
 

Edito: la chute d'Alien

thibautLa saga cinématographique Alien, qu’on aime ou non crier dans l’espace sans que personne ne nous entende, a expectoré de grandes réussites. Mais, avec le temps, elle a accouché d’œuvres dispensables. Le dernier surgeon en date en fait partie. S’il fait si mal aux yeux, c’est pour ce qu’il dit d’Hollywood et de notre époque anémique en regard du premier film, sorti il y a trente-huit ans.

Alien, le huitième passager (1979) racontait la survie désespérée d’un équipage spatial sacrifié sur l’autel de la prédation militaro-économique. Son employeur, une compagnie toute-puissante, cachait son objectif à ses salariés: son homme lige, un androïde, devait impérativement ramener sur Terre la créature qu’ils transportaient malgré eux; une affreuse bestiole, imaginée par l’artiste grison H.R.Giger, au potentiel d’arme de destruction massive sonnante et trébuchante.

 


La fascination du mal relègue aux oubliettes

l'humanisme magique.


L’actuel Alien: Covenant lève un pan du voile sur ce qui s’est passé avant cette découverte terrifiante. Mais il ne s’agit plus d’une lutte à mort entre un xénomorphe carnassier et une poignée d’humains qui résistent, des prolos de l’espace jurant des «My God!» et une Sigourney Weaver superbe, qui a fait plus de bien au féminisme que toutes les études de genre réunies. On a désormais affaire à une quête fumeuse des origines. Avec une obsession pour le mal, un androïde en révolte contre son créateur et vouant aux gémonies des hommes inconsistants (le seul chrétien de l’équipage est ridicule).

Le premier Alien hybridait la science-fiction et l’horreur avec brio, fort d’une charge subversive: le pouvoir néfaste des multinationales qui se jouent des frontières et de la vie était stigmatisé. Aujourd’hui, ce sous-texte politique est complètement modifié. Les rapports de force économiques et sociaux sont évacués: dialogues misérables, interactions minimales entre les personnages et lutte des classes inimaginable. Le mystère de la vie est réduit à une manipulation scientifique – le matérialisme domine tout. Et un robot se veut le démiurge de notre malheur: la fascination du mal relègue aux oubliettes l’humanisme tragique.

Certains diront que le réalisateur Ridley Scott dépeint précisément des maux de notre temps. On répliquera qu’on ne ressent aucun attachement pour des êtres de chair et de sang jetés dans une aventure inconsidérée. A la fin, mais il resterait d’autres épisodes..., l’espèce humaine perd et nul soupir de regret n’accompagne son grand sommeil. Le mal nous joue un sale tour par l’entremise d’un androïde glacial comme le fin fond de l’espace. Ainsi mériterions-nous de mourir, quasi consentants. Il est loin le temps où Sigourney Weaver, en sueur et les cheveux débraillés, défendait l’humanité contre un monstre que le capitalisme croit pouvoir dominer. Pour le coup, il est permis d’être nostalgique.

Mise à jour le Mercredi, 17 Mai 2017 11:16
 

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