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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2014 - A la Deux
Mercredi, 02 Juillet 2014 00:00

 

 

Point chaud

Débattre sans cagoule

Mercredi dernier, l’organisation indépendantiste corse FLNC annonçait son intention de déposer les armes. Une première depuis sa création en 1976.

2014-27-08ALe Front de libération nationale de la Corse est né le 5 mai 1976. Après une première «nuit bleue», série d’attentats dans toute la Corse, le FLNC fait part de ses revendications: la reconnaissance du peuple corse et le droit à l’autodétermination par la lutte armée. L’annonce est faite du couvent Saint-Antoine de Casabianca où Pascal Paoli avait proclamé l’indépendance de l’île en 1755.

Quid depuis 1976?

Une explosion à l’aéroport d’Ajaccio en 1981 fait un mort juste après l’arrivée du président Valéry Giscard d’Estaing. Dissous en janvier 1983 par décret en Conseil des ministres, le «Front» devient clandestin et fait assassiner quelques mois plus tard à Bastia le secrétaire général de Haute-Corse. Le soutien populaire au mouvement et le nombre de ses membres diminuent à mesure que les scissions internes se multiplient: la guerre intestine du FLNC, qui se termine en 2001, fait une vingtaine de morts tandis que le préfet Claude Erignac est assassiné en 1998 par Yvan Colonna. L’affairisme parfois criminel dans lequel tombent certains membres dessert également l’organisation. Les attentats continuent. Une «nuit bleue» a encore lieu en 2012.

Cagoules remisées?

Après presque 40 ans de violences politiques – 10’000 attentats qui auront entre autres coûté la vie à neuf policiers et gendarmes –, les ribelli (rebelles) ont annoncé mercredi dernier qu’ils déposaient les armes. Un communiqué de 14 pages explique leur désir d’engager «un processus de démilitarisation et une sortie progressive de la clandestinité». Si une dizaine de trêves avaient été conclues jusque-là, jamais le FLNC n’avait parlé de déposer les armes.

Grâce aux non-violents?

Si l’affaiblissement de l’organisation, liée à l’action de la police et de la justice, explique en partie ce revirement, c’est la montée en puissance des autonomistes non-violents que met en avant Le Monde: «Engagés dans la seule voie électorale depuis une quinzaine d’années, ils n’ont cessé d’accroître leur influence sur l’île tandis que celle de leurs rivaux indépendantistes s’érodait». De plus, «la reconnaissance de la langue corse, revendication quasi originelle du mouvement, est désormais effective (suite aux récents votes de l’Assemblée de Corse, ndlr)». Un changement de contexte qui se traduit aussi par l’élection à la mairie de Bastia, il y a trois mois, de Gilles Simeoni. Cet autonomiste non-violent de 38 ans «symbolise aujourd’hui le combat nationaliste insulaire».

Faux espoirs?

«C’est une annonce historique, commente dans La Croix André Fazi, politologue à l’Université de Corse. Mais il faut rester prudent: neuf ans après le désarmement de l’IRA, la violence paramilitaire continue en Irlande du Nord.»
«Même si le problème de la criminalité organisée dépasse de très loin celui des porteurs de cagoules du FLNC, leur renoncement est vécu comme un soulagement», estime Le Monde. Mais «du côté de Paris, note Corse-Matin, le silence est assourdissant. Aussi désarmant que la communication du FLNC».

Cédric Reichenbach

 

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