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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - A la Une
Jeudi, 20 Novembre 2014 00:00

Recyclage

 

Le monde s'arrache nos vieux papiers

La consommation de papier augmente. Longtemps considéré comme un déchet, le vieux papier s’est transformé en marchandise convoitée, ce qui affecte les industries papetières suisses.Et qu’en disent les arbres?

2014-47-12AOn ne peut pas s’en passer! La révolution numérique n’y fait rien, la consommation de papier ne cesse d’augmenter dans le monde. Ce sont même les pays au développement technologique le plus avancé – où presque tout le monde possède un ordinateur et internet – qui en consomment le plus. Aujourd’hui, 42% des arbres coupés sur la planète passent dans la fabrication du papier et cette industrie représente l’un des plus grands secteurs économiques mondiaux en termes de chiffre d’affaires. Les Suisses figurent parmi ses meilleurs clients. En 2013, chaque Suisse a utilisé 195 kilos de papier et carton. Cela correspond à plus de trois fois la consommation mondiale moyenne, qui s’élevait à 57 kilos par personne en 2012.
On coupe encore beaucoup d’arbres pour faire du papier. Cependant, le papier recyclé fait son chemin, aussi bien chez les consommateurs que chez les producteurs. Ce dernier est en effet meilleur marché à produire, plus écologique et plus économique: la production de papier à partir de fibres recyclées utilise 60% d’énergie et 70% d’eau en moins que la production de papier à partir de fibres de bois vierges, en plus de préserver les forêts. Et il peut être recyclé jusqu’à sept fois.

Les cartons chinois

L’Echo magazine que vous tenez entre les mains est donc précieux: certains se l’arrachent. Et pas seulement pour son contenu. En quelques décennies, le vieux papier est passé de déchet à marchandise convoitée par l’industrie papetière. Au grand bonheur de certains: Zhang Yin, l’une des femmes les plus riches du monde, a construit sa fortune sur le vieux papier américain qu’elle ramène en Chine, où il est transformé en cartons qui emballent les habits et le matériel électronique exportés aux Etats-Unis. La Chine, qui manque de forêt, importe 30 millions de tonnes de vieux papier par an.
Cette situation change la donne en Suisse aussi. Le ramassage du papier, autrefois organisée par des écoliers ou des associations, s’est transformé en un important business. En août 2013, la question de l’attribution des 14’000 tonnes de vieux papiers récoltés en ville de Berne, vendus pour près d’un million de francs, a même fini au tribunal administratif suite à la plainte d’un concurrent malheureux.
Depuis 2013, sous le cri d’alarme «Altpapier bleibt hier! – Le vieux papier reste ici!», l’entreprise saint-galloise Perlen Papier AG dénonce l’absurdité du commerce spéculatif de la récupération. Les Suisses, champions du recyclage avec 82% du vieux papier récupéré, pourraient presque atteindre une forme d’autosuffisance: ne leur manque que la fibre de bois vierge qu’il convient de réinjecter pour maintenir une bonne qualité de papier. Pourtant, en 2013, alors que la Suisse exportait 520’000 tonnes de vieux papier, les entreprises papetières suisses étaient contraintes d’en importer 351’000 tonnes.

Gardons nos vieux papiers

«La Suisse exporte de plus en plus de vieux papier, mettant l’équilibre du circuit en péril. Voilà pourquoi, face à des difficultés d’approvisionnement, la société Perlen Papier est contrainte d’importer du vieux papier, explique l’entreprise. Cette réimportation de déchets de papier a non seulement un impact négatif sur les résultats d’exploitation des recycleurs nationaux mais en plus, le volume élevé des transports déséquilibre totalement la balance écologique du produit fini.»
Les communes sont libres de vendre le papier qu’elles récoltent dans les ménages au plus offrant. Or, les marchés internationaux, et notamment la Chine, en proposent un bon prix – un sixième des vieux papiers européens part en Extrême-Orient. Et le vieux papier que les entreprises papetières suisses importent est souvent plus cher et de moins bonne qualité.
La suite revient donc à une décision politique de la part des communes. Beaucoup d’entre elles ont signé un contratcadre avec l’une ou l’autre entreprises papetières suisses, qui proposent un prix fixe pendant cinq ans pour le papier collecté. Ce faisant, la commune s’assure revenu stable et bonne conscience: en limitant la pollution liée au transport d’une part, en donnant un coup de pouce à l’industrie suisse du papier d’autre part, qui souffre beaucoup de la conjoncture et de la hausse du prix du vieux papier. Ses livraisons ont baissé de 20% depuis 2009.

Livres et papier ménage

Côté consommation, les ménages suisses dépensent 250 francs chaque année pour acheter des livres et ils en lisent huit en moyenne. Le livre de poche est le plus prisé par les lecteurs. Le WWF a donc chargé une agence de notation indépendante de mener une enquête dans les kiosques et les librairies. Publiée la semaine dernière, elle a révélé qu’un livre sur dix contient du bois tropical. Et les chances sont grandes que ce bois provienne de défrichages réalisés en Asie pour produire de l’huile de palme. Le WWF suggère donc de vérifier que les livres portent le label FSC ou qu’ils soient faits entièrement avec du papier recyclé.
En Suisse toujours, le papier ménage et le papier hygiénique représentent à eux seuls 10% de la consommation globale de papier. Ces produits à usage domestique ont une importance cruciale: si chaque Suisse renonçait à un rouleau de papier ménage à base de fibre vierge par an, l’économie serait équivalente à 14’000 arbres.

Aude Pidoux

Avec du crottin d’éléphant

A noter que le bois n’est utilisé que depuis environ 150 ans pour faire du papier. Auparavant, on le fabriquait à partir de différentes plantes fibreuses, comme le coton ou le chanvre. Aujourd’hui, un minuscule pourcentage de papier est produit à partir de résidus agricoles: la paille de riz, de blé, l’enveloppe du maïs ou ce qui reste de la canne à sucre après qu’on en a extrait le sucre sont les produits le plus fréquemment employés.
Cette pratique a pour avantage de valoriser les déchets agricoles et, surtout, d’éviter de couper des arbres. En Chine, au Brésil et en Thaïlande, ce secteur de l’industrie du papier croît très rapidement.
Ailleurs, on fait aussi preuve d’imagination. Plusieurs pays d’Asie et d’Afrique vendent désormais du papier fabriqué à partir de crottin d’éléphant, une matière on ne peut plus fibreuse, étant donné la quantité de végétaux ingurgités par le pachyderme. La production commence à s’étendre à d’autres déjections: chevaux, ânes, vaches, pandas sont en passe de devenir d’importants contributeurs.

Aude Pidoux

Petits gestes utiles

Recycler le papier, c’est bien. En réduire sa consommation, c’est encore mieux!
A la maison
- décommander les catalogues non souhaités.
- coller un autocollant «Pas de publicité» sur sa boîte aux lettres.
- utiliser des serviettes en tissu.
- limiter sa consommation de papier ménage en lui préférant chiffons et panosses en tissu.
- acheter du papier 100% recyclé portant le label «Ange bleu».
Au bureau
- réfléchir avant d’imprimer un document.
- imprimer et photocopier recto-verso.
tiliser le verso des feuilles imprimées pour prendre des notes.
- digitaliser les documents et les envoyer par courriel.
- archiver de façon digitale.

Mise à jour le Jeudi, 20 Novembre 2014 11:20
 

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