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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Jeudi, 11 Décembre 2014 00:00
 


Edito: la nuit n'était pas douce

patrice2

«Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie»: peu d’histoires sont ancrées dans l’inconscient collectif autant que celle-ci. Elle évoque la nuit et le froid, elle dit que cette mère n’appartenait pas aux riches et aux puissants, ni même à la classe moyenne sinon elle n’aurait pas fini à l’écurie. La tradition y placera d’ailleurs l’âne et le bœuf avec les bergers et les notes sucrées du «Dooooouce nuit».
A l’origine, pourtant, la scène n’avait rien de doucereux: c’est un jeune couple, elle est enceinte jusqu’aux yeux et ils doivent quitter leur village parce qu’un empereur, très loin, a décrété un recensement. Une affaire fiscale ou politique dont les petits paient le prix, comme toujours. Joseph va se faire inscrire à Bethléem, où il ne devait pas avoir beaucoup de famille ni d’amis sinon il aurait pu se loger décemment.
Peut-on imaginer ces quelques jours? Ils parlent la langue de l’endroit, c’est déjà ça. Mais Joseph est aux prises avec la bureaucratie et ils n’ont que peu ou pas d’argent. Le seul endroit qu’ils peuvent dénicher pour un geste aussi intime qu’un accouchement est une étable. Joseph n’en mène pas large, c’est sûr. Marie suit avec confiance – peut-être était-elle la plus solide des deux, comme le sont les femmes quand leur enfant est en jeu. D’ailleurs son «oui» à l’ange avait été sans conditions. Mais elle n’aurait pas craché sur un peu de confort, je présume.


Elle n'appartenait pas aux riches et aux puissants, ni même à la classe moyenne.


C’était ça, la nuit de Noël: ne pas être chez soi, ne pas avoir de toit et ne pas savoir de quoi demain sera fait. Une expérience que peu d’entre nous connaissent, heureusement. Et pourtant. Ce numéro d’Echo Magazine suit un banquier de New York qui laisse tomber costard et cravate pour distribuer de la soupe à ceux qui survivent dans les rues de Manhattan . A Genève, des sans-abri peuvent se loger grâce à un hameau composé de studios mobiles (pages 26-29). Et on ne peut pas oublier les milliers de réfugiés syriens et irakiens qui ont une toile de tente pour seul toit.
Deux mille ans après la naissance de Jésus, le drame humain continue. Très loin ou à côté de nous, des voisins, des cabossés, des solitaires cherchent un peu de réconfort et d’espoir. Partout aussi des hommes et des femmes partagent un peu de la chaleur de la crèche, de leur foyer, de leur paroisse. Et puis il y a le sourire de l’enfant par qui tout recommence sous chaque toit, dans chaque famille. C’est lui la grande douceur dans cette nuit.
Bon Noël à tous!.

Mise à jour le Jeudi, 18 Décembre 2014 10:38
 

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