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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Jeudi, 11 Décembre 2014 00:00
 


Edito: Saint Nicolas en jeune Turc

patrice2«Je vois le vrai saint Nicolas, il arrive!», crie la petite fille juchée sur les épaules de son papa dans la foule qui se presse devant la cathédrale. C’était samedi à Fribourg lors du traditionnel cortège de la Saint-Nicolas.
Hormis la petite fille, chacun sait que le personnage est interprété par un étudiant du Collège Saint-Michel. Mais quand il passe sur son âne avec sa longue chevelure et sa barbe blanche, il est comme hors du temps. De sa voix puissante, il dira tout à l’heure les joies et les malheurs de la cité: le nouveau pont de la Poya, les finances en mauvais état et les enfants qu’il a croisés sur sa route. Car il vient de loin, saint Nicolas, il a même une pensée désolée pour la votation du 9 février: «Je suis très inquiet pour vous, mes précieux Helvètes: pourquoi prôner l’égoïsme et le repli sur soi alors que le partage est source de joie infinie?».
Emporté par son élan, notre collégien lance même un «car je suis turc!» qui recueille applaudissements... et sourires en coin. De turc, l’évêque Nicolas n’a jamais eu le moindre poil de la moustache, lui qui mourut au 4e siècle à Myre dans ce qui était alors une province de l’empire byzantin. Certes, il faillit être turquisé lors de la conquête ottomane, mais les Italiens profitèrent de la faiblesse de Byzance pour rafler ses reliques et les ramener triomphalement à Bari en 1087. Elles y sont toujours, dans une crypte où défilent les orthodoxes qui ont obtenu le privilège d’y célébrer leurs longues liturgies. La force intégrative et rassembleuse de saint Nicolas va bien au-delà des élans généreux et anachroniques de son interprète fribourgeois.


Cette poignée de main donne le sens caché de la fête.


 

Au terme de son discours, celui-ci passe le relais à l’autre évêque de Fribourg, le vrai, qui le salue à la porte de la cathédrale. Cette poignée de main entre le jeune et l’ancien, entre un passé fantasmé et le présent, donne le sens caché de la fête. Peu importent les approximations naïves de ses héritiers: saint Nicolas est d’abord le témoin de l’histoire qui imprègne ce pays et ce continent. Par sa seule présence, il dit à la petite fille portée par son papa et aux milliers de badauds suisses, turcs ou autres, qu’ils sont des héritiers. Qu’il y a eu d’autres hommes avant eux qui ont cru et tenté de transmettre ce qui les faisait vivre.
Le folklore est politique quand il favorise la polis, la vie de la cité. Le folklore est authentiquement religieux quand un Nicolas de pacotille permet de relier la foi venue du passé à la foi qui continue vaille que vaille dans le présent. Un arbre ne grandit que s’il a des racines profondes et vivantes.

Mise à jour le Jeudi, 11 Décembre 2014 10:25
 

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