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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Jeudi, 04 Décembre 2014 00:00
 


Edito: deux hommes en blanc

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François ferme les yeux, indifférent au tir en rafale des photographes. A ses côtés, le grand mufti prie les mains ouvertes. Tous deux vêtus de blanc, ils sont devant le mirhab qui indique La Mecque. Seule la calotte les distingue. Et la grande croix d’argent du pape, plutôt inhabituelle dans une mosquée.
Présentée comme «une adoration silencieuse», cette prière dans la Mosquée bleue d’Istanbul restera comme un symbole du voyage du pape en Turquie. Si les discours laissent peu de traces – sauf exception –, le silence parle. Et certains en ont été choqués: «Quel Dieu le pape était-il en train d’adorer?», s’est demandé par exemple le vaticaniste italien Antonio Socci, en suggérant de cacher ces images aux chrétiens massacrés par des musulmans en Irak ou au Pakistan.
D’autres ont proposé des distinctions byzantines, disant que «le pape et le mufti n’avaient pas prié ensemble, mais qu’ils étaient ensemble pour prier». Il est vrai qu’ils n’ont pas récité à haute voix une sourate du coran ou le Credo, mais le geste de François était clair: pour lui, Dieu n’est pas interdit de mosquée. «J’ai prié pour la Turquie, pour la paix, pour le mufti, pour moi,... Je ne pouvais pas être là comme un touriste», dira-t-il ensuite aux journalistes. Fidèle à son habitude, François a même demandé au mufti de prier pour lui!
Pourtant, la souffrance des chrétiens est grande dans ce pays peu accueillant pour ses minorités religieuses. Tout récemment, deux très vieilles églises ont été transformées en mosquées. Le patriarcat orthodoxe ne peut pas ouvrir de séminaire. Les catholiques n’ont aucun statut, des missionnaires et un évêque ont été assassinés. Le pape pouvait faire la grimace. Devant le président Recip Erdogan, vendredi, il a d’ailleurs rappelé que «tous les citoyens, musulmans, juifs, chrétiens, doivent bénéficier des mêmes droits et respecter les mêmes devoirs». Mais il a montré que la rancœur n’est pas un programme: entre chrétiens et musulmans, il peut y avoir rencontre, échange et même prière. Voilà qui fait réfléchir.


Récemment, deux très vieilles églises ont été transformées en mosquées.


Plus belle encore – mais là on s’y attendait – a été la célébration commune avec le patriarche de Constantinople, Bartholomée. Symbolique là aussi est le fait que François ne s’est pas présenté comme pape, mais comme «évêque de Rome». Puis il s’est courbé très bas devant le chef spirituel  des orthodoxes en lui demandant de le bénir, lui et l’Eglise de Rome. Et, par deux fois, Bartholomée l’a embrassé, en lui donnant une tape amicale dans le dos. L’amitié est le chemin de l’unité.
Il n’y a pas meilleure réponse à la folie des égorgeurs qui disent agir au nom de Dieu.

Mise à jour le Jeudi, 04 Décembre 2014 10:43
 

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