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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Jeudi, 20 Novembre 2014 00:00
 


Edito: d'excellents lecteurs

patrice2Deux événements ont suscité de nombreux commentaires dans l’Echo Magazine et cela continue (voir en pages 44-45). Le premier est le synode des évêques à Rome et l’accueil réservé aux divorcés remariés. Faut-il mettre l’accent sur la parole du Christ et la tradition de l’Eglise catholique, pour qui le mariage est indissoluble? Faut-il au contraire s’inspirer de la miséricorde que Jésus lui-même a montrée envers les pécheurs publics, la femme adultère ou celle «qui avait eu cinq maris»?
Présentes à Rome parmi les évêques, ces deux positions se sont retrouvées parmi nos lecteurs sans qu’il soit possible d’en tirer des conclusions. Sinon que le synode a touché un point sensible et que tout changement sera difficile.
Dans ce contexte, certains ont pris pour devise la petite phrase du pape François sur les homosexuels: «Qui suis-je pour juger?». Comme si le pape avait renoncé à porter un jugement sur ce qui est bon ou non. Mais gare aux raccourcis: on sait que François s’en prend avec verdeur aux exploiteurs de tout poil (au point de passer pour «communiste» aux Etats-Unis) et que, dans ses prédications matinales, il dénonce régulièrement les commérages et médisances qui empoisonnent l’Eglise. Ce pape juge, et comment! Mais sur la question du divorce, il ne veut pas ou ne peut pas avancer seul. Ce qui, une fois de plus, dit l’importance du travail qui reste à faire jusqu’au synode de 2015.

 


On ne rencontre pas l'autre si on le traite en brebis égarée.


L’autre événement a été l’interview de «Marie-Claire», ex-catéchiste divorcée qui expliquait pourquoi elle a quitté l’Eglise. Certains y ont vu le reflet de leurs interrogations sur la morale sexuelle catholique et la place faite aux femmes. D’autres ont estimé qu’une telle interview n’avait pas sa place dans l’Echo ou alors qu’il fallait l’accompagner de judicieuses mises au point.
Tous ces lecteurs méritent nos remerciements, car ils ont contribué à une réflexion trop peu présente en Suisse romande. Pour moi, je sais que fermer les portes en donnant la parole «aux nôtres» seulement serait suicidaire. Les chrétiens distants, comme disent les sociologues, sont désormais majoritaires. Les rencontrer permet de comprendre ce qui les a déçus et pourquoi d’autres sont heureux de croire malgré tout. Mais on ne rencontre pas l’autre (et on ne lui donne pas envie de revenir!) si on le traite en brebis égarée qui n’a rien compris.
Liberté de partir et liberté de rester, liberté surtout de témoigner de ce qui fait vivre et qui peut répondre à la soif de nos contemporains. Et y réfléchir ensemble. Il y a tout cela dans l’Echo. Alors un seul mot: continuez!

Mise à jour le Jeudi, 20 Novembre 2014 12:53
 

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