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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Mercredi, 12 Novembre 2014 00:00
 


Edito: tu veux une claque ?

patrice2L’histoire date un peu, mais j’y pense encore. Rendez-vous compte: un joueur de hockey, par définition un sacré gaillard, empoigne un ado et le secoue comme un prunier! Mais où va-t-on?
C’était le 2 novembre au Tessin: Ambri et Fribourg-Gottéron s’affrontent dans un match chaud qui se termine par la victoire d’Ambri après les tirs aux buts. Gottéron rafle un point grâce, entre autres, à son défenseur de 37 ans, Joel Kiatkowski (appelé aussi Kiwi), qui a marqué un but. Après le match, les joueurs fribourgeois remontent dans leur bus quand des fans d’Ambri s’en approchent. Ils sont très excités, y compris la mère de l’un d’entre eux, Natalie, 40 ans, qui donne sa version des faits dans le Blick: les jeunes ont dressé un Stinkefinger – que la presse romande traduit élégamment par «doigt d’honneur»
– à l’intention de Kiwi en lui criant de sortir du car s’il ose.
Et Kiwi a osé: «Il s’est rué vers nous avec des yeux fous en nous criant d’arrêter. Il a empoigné un jeune de 15 ans et l’a balancé contre les barrières!», pleurniche la pauvre Natalie qui dit ne pas en avoir dormi de la nuit. Elle qui était allée vers le bus «pour faire de vilains yeux» – einen bösen Blick – au joueur qui avait volé un point à son équipe chérie a eu tellement peur «qu’elle a failli faire dans sa culotte». Elle a donc écrit au juge pour dénoncer cette horrible violence. Une enquête a été ouverte.


"Toute la Suisse me voit comme un super-méchant."


 

Le lendemain, Kwiatkowski s’excusait sur cinq colonnes dans La Liberté: «J’ai fait une faute et je m’en excuse. Je n’aurais pas dû sortir du car et j’ai gueulé... Je ne suis pas bien. Toute la Suisse me voit comme un méchant, un super-méchant. Ce n’est pas correct. Je suis père de famille, j’éduque mes enfants en leur inculquant le respect».
Ceux qui suivent les matches de foot ou de hockey chaque semaine disent ne pas être surpris que de jeunes supporters abreuvés de cours d’éthique à l’école prennent pour cible un joueur qui pourrait être leur père. Mais que celui-ci réagisse au lieu de faire mine de regarder ailleurs, voilà qui fait les gros titres. Pire encore, qu’il envoie valser un de ces ados au lieu de lui expliquer sur le ton compatissant du psy de service combien son comportement était inadéquat: impardonnable! Honte au joueur, honte à l’adulte qui ose remettre un sale gosse à sa place! Qu’il s’excuse, qu’il rampe dans la cendre pour que le jeune en question puisse se dire: «J’ai gagné, je peux recommencer». Allez, Kiwi, courage. Et courage à tous les parents et à tous les adultes qui doivent poser parfois la seule question respectueuse de la liberté d’un adolescent: «Tu la veux, ta claque?»..

Mise à jour le Mercredi, 12 Novembre 2014 12:48
 

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