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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Mercredi, 05 Novembre 2014 00:00
 


Edito: ras l'Ecopop

patrice3Soit je vieillis, soit la politique suisse tourne en rond. N’était-ce pas hier que nous devions voter sur le trop-plein d’étrangers, sur l’introduction de contingents «parce qu’il y a trop de monde dans les trains, parce qu’on ne trouve plus à se loger à Genève ou à Lausanne?» Combien de fois avons-nous entendu que «la barque est pleine», que la Suisse «ne peut pas accueillir tous les malheurs du monde»?
J’avoue mon ras-le-bol de ces clichés qui contiennent une part de vérité – c’est la force du cliché –, mais qui ne disent au fond qu’une chose: la peur de vivre, l’illusion de rester entre soi et de laisser «l’autre» dehors, derrière les frontières. Comme si les pires violences n’éclataient pas au sein des familles renfermées sur elles-mêmes!
Pourtant, cette fois, j’avais le cœur tranquille: l’initiative Ecopop – qui associe les mots écologie et
population – était tellement excessive qu’elle ne pouvait convaincre qu’une minorité. Pensez donc: elle demande de réduire à zéro, ou presque, le nombre d’étrangers autorisés à venir travailler en Suisse. De quoi mettre le pays à genoux en quelques mois. Car les immigrés, ce ne sont pas seulement les ingénieurs et les patrons des multinationales qui polluent au volant de leurs gros 4X4, ce sont les «petites mains» qui font tourner les EMS, les camions poubelles et les chantiers. Sans eux, le pays s’arrête.


Il sent ses compatriotes comme un berger sent ses moutons.


 C’est ce que veulent certains écolos, je sais. Leur rêve est de stopper la croissance, de fermer les usines polluantes et de revenir à l’agriculture de grand-papa. Mais les citoyens ne sont pas des rêveurs, pensais-je, ils sauront faire la différence entre la carte postale et la réalité.
Tranquille, j’étais. Mais voilà que l’ancien conseiller fédéral Adolf Ogi, qui «sent» ses compatriotes alémaniques comme un berger sent ses moutons, affirme que l’initiative va faire un tabac. «C’est du 50-50», disait-il après le débat télévisé sur Arena, la semaine dernière. Plusieurs sections cantonales de l’UDC la soutiennent alors même que le parti national (et Christoph Blocher) la refusent. A force de diaboliser la surpopulation étrangère, le parti ne tient plus ses troupes. Et l’argument majeur des partisans d’Ecopop, «halte au bétonnage», a l’avantage de la simplicité.
Fatigue ou non, il faut donc prendre au sérieux le vote du 30 novembre prochain. Et reconnaître, bien sûr, qu’une croissance mal maîtrisée pose des problèmes. Mais je préfère les affronter que de faire le jeu des isolationnistes. Et voir, comme nos voisins de France, d’Italie ou d’Espagne, les jeunes s’exiler à l’étranger pour trouver de quoi vivre.

Mise à jour le Mercredi, 05 Novembre 2014 13:39
 

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