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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Jeudi, 30 Octobre 2014 00:00
 


Edito: elle n'aura pas le Nobel

patrice5

Le premier synode de l’ère François est plutôt réussi, me semble-t-il. Certes, dans le flot de réactions suscité par ce rassemblement de quelque 250 évêques, chacun peut choisir ce qui lui plaît et titrer, comme Le Temps du 20 octobre: «Première défaite pour le pape François». Mais Le Temps passe à côté de l’essentiel.
J’en veux pour preuve une réflexion du cardinal Christoph Schönborn à la télévision tessinoise. L’archevêque de Vienne, longtemps professeur à Fribourg, a relevé un changement majeur: «Auparavant, un évêque parlait de son diocèse ou de la doctrine. Là, un évêque a pris la parole pour dire que sa sœur avait quatre enfants de son premier mari qui était violent et dangereux. Maintenant, elle est divorcée et remariée avec un homme qui l’accompagne, qui prend en charge les enfants, qui est présent dans la famille. Cette façon de raconter des choses très personnelles a tout changé même si, au niveau des grands principes, rien ne changera».
Si Schönborn a raison, et je pense que c’est le cas, des évêques ont compris en écoutant François qu’ils pouvaient laisser tomber leur langue de bois juridico-théologique et parler comme tout le monde. Qu’ils pouvaient raconter comment ils cherchent à vivre au lieu de se demander qui a tort ou raison.
Sacré changement, en effet. Mais très partiel encore. Le rapport final du synode fait penser au galimatias des Nations unies après la moulinette des experts et des corrections de dernière minute: peu de propositions concrètes et beaucoup de réflexions générales et forcément banales. Quelques petites phrases sur les divorcés, les homosexuels, mais ça manque de souffle, d’enthousiasme aussi.




Des sparadraps sur les blessés du champ de bataille amoureux


 Il y a deux mille ans que l’expérience chrétienne transforme de l’intérieur la relation entre l’homme et la femme. La tirant peu à peu du rapport de force, de l’exploitation sexuelle typique des sociétés primitives pour en faire le lieu de l’élection amoureuse, du don de soi, de la rencontre, imparfaite mais réelle, avec le mystère de l’autre. Deux mille ans de civilisation chrétienne, j’ose le mot: qu’on relise La femme au temps des cathédrales, livre magistral de l’historienne Régine Pernoud sur la puissance éducative de l’Eglise avant le triomphe du capitalisme bourgeois.

Ce qui a été possible hier ne le serait plus aujourd’hui? On sent trop peu cet élan dans un document soucieux avant tout de coller des sparadraps sur les blessés du champ de bataille amoureux.
Si tout a changé, comme dit le cardinal Schönborn, tout reste à faire. La partie continue maintenant dans les diocèses et au sein des conférences épiscopales. On verra alors si le «ton nouveau» des évêques est plus qu’un effet de mode.

Mise à jour le Jeudi, 30 Octobre 2014 09:46
 

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