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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Mercredi, 22 Octobre 2014 00:00
 


Edito: elle n'aura pas le Nobel

patrice5Comme vous, je me suis réjoui du prix Nobel de la Paix venu récompenser Malala, la jeune Pakistanaise qui a survécu aux balles des talibans. Elle, qui vit en Angleterre désormais, symbolise la lutte des filles pour aller à l’école, un droit que des obscurantistes contestent encore et qui est trop souvent limité par la pauvreté et l’ignorance. Fêtons donc Malala et ceux qui se battent à ses côtés.
Mais cette joie n’a pas duré. Jeudi dernier, en effet, les agences annonçaient le rejet de l’appel d’une autre Pakistanaise, Asia Bibi. Cette mère de cinq enfants a été condamnée à mort en 2010 pour blasphème. Cinq fois déjà, la décision de la cour d’appel de Lahore avait été renvoyée. Jeudi, son recours a été définitivement repoussé. Seule la Cour suprême, troisième et dernière instance du pays, peut la sauver de la pendaison.
Rares ont été les médias qui, en Suisse romande, ont parlé de cette décision. Pour moi, elle devrait faire autant de bruit que le prix Nobel de Malala. Asia Bibi, rappelle l’agence Asianews, s’est disputée avec des voisines de son village qui refusaient de boire dans le même verre qu’une chrétienne, qu’elles jugeaient impure. Le ton était monté et l’imam local l’avait dénoncée pour manque de respect à l’égard du prophète Mahomet. Asia Bibi, de son côté, assure qu’elle s’est contentée de prendre la défense de Jésus mort pour les péchés de l’humanité, et qu’elle avait rétorqué: «Qu’a fait votre prophète Mahomet pour sauver les hommes?»


Seule la Cour suprême peut la sauver de la pendaison


 Au Pakistan, cela suffit pour être pendu. Mais il y a autre chose: «Le juge qui m’a condamnée à cette mort horrible est entré dans ma cellule, racontait Asia Bibi en 2012. Il m’a offert la révocation de la sentence si je me convertissais à l’islam. Je l’ai remercié du fond du cœur, mais je lui ai répondu que, en toute honnêteté, je préférais mourir en chrétienne que sortir de prison musulmane. ‘J’ai été condamnée parce que chrétienne, ai-je dit au juge, je crois en Dieu et en son amour. Si vous me condamnez à mort parce que j’aime Dieu, je serai orgueilleuse de donner ma vie pour lui’».
Il y aurait beaucoup à dire sur la tragique histoire du Pakistan, ce pays né en 1947 de la partition de l’Inde. Depuis, il n’a connu que guerres, dictatures et coups d’Etat. Ce destin pèse sur les populations et il peut expliquer, avec le sous-développement, l’exploitation imbécile de la religion. Je sais aussi que l’exposition médiatique d’Asia Bibi ne joue pas en sa faveur: elle devient une cible pour les islamistes qui veulent sa mort et la mort de ceux qui la défendent. Mais on ne peut pas se taire.
Asia Bibi n’aura jamais le Nobel, mais elle mérite que soient salués son courage et sa foi.

Mise à jour le Mercredi, 22 Octobre 2014 14:07
 

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