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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Jeudi, 18 Septembre 2014 00:00
 


Edito: La haine des caisses

patrice8

Brassant de vieux papiers, j’ai retrouvé les comptes familiaux de septembre 1994, il y a juste vingt ans. Le loyer coûtait un peu plus de 1500 francs, charges comprises. Et les primes de la caisse-maladie (c’était l’Helvetia, ancêtre d’Helsana) se montaient à 388 francs pour deux adultes et trois enfants. Petites complémentaires comprises!

Soit moins que l’assurance de base d’un seul adulte aujourd’hui dans plusieurs cantons romands. C’est juste dingue.

Pendant ces vingt ans, j’ai butiné d’une caisse à l’autre, entraînant ma famille dans une course à la prime la moins chère: CSS, Sansan, Assura, Helsana, Atupri (et j’en oublie) nous ont dit leurs regrets de nous voir partir et leur joie de nous accueillir. Epuisé, je ne bouge plus et je répète: juste dingue. Je comprends donc la frustration des assurés qui, le 28 septembre, voteront oui à la création d’une caisse unique dans chaque canton, avec des primes uniques. Stop à tout ce cirque.

Mais ce serait une erreur. Car le problème ne vient pas des caisses, mais des politiciens qui, à Berne, ont favorisé la naissance de ces monstres bureaucratiques dont la calculette est le seul horizon. Car l’idée folle de changer de caisse chaque année ne vient pas des assureurs, mais des politiciens qui n’avaient qu’un mot à la bouche: concurrence! 


Pendant ces vingt ans, j'ai butiné d'une caisse à l'autre.


J’ai connu un temps où on entrait dans une caisse-maladie comme au couvent: pour la vie. Et souvent de père en fils. La fidélité était justement récompensée par des primes moins élevées et les directeurs ne gagnaient pas davantage qu’un conseiller fédéral. La transformation des caisses en un gigantesque business vient de la loi votée en 1996, de ce mélange aberrant entre l’obligation d’accueillir tout le monde et la concurrence acharnée pour attirer les «bons risques» et chasser les mauvais.

Dans ce cas, pourquoi ne pas mettre une caisse par canton avec des fonctionnaires aux commandes? Mais on y va tout droit! Pas cette fois, car les Alémaniques semblent accrochés à leurs libertés, mais la prochaine, quand la haine des caisses aura pris des proportions inarrêtables. Et les Suisses découvriront qu’ils ne paieront pas moins, mais plus, et qu’ils n’auront plus rien à dire.

Certains, alors, se souviendront d’un temps où l’adhésion à une caisse-maladie était un geste libre, donc responsable, pour se protéger soi-même des accidents de la vie et pour être solidaire des autres assurés qui avaient moins de chance. Liberté, responsabilité et solidarité, trois mots qui se sont perdus en route. Et qui ne seront pas sauvés par la caisse unique. Il faut creuser encore la question.

Mise à jour le Jeudi, 18 Septembre 2014 15:16
 

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