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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Jeudi, 04 Septembre 2014 00:00
 


Edito: Ecoutons Georges Haldas

thibaut

Fin août, début septembre. C’est la rentrée. Un rituel pour les enfants, les ados, les étudiants. Et les livres, ces merveilles. Cette tradition française étonne au-delà de la francophonie; elle détonne dans un monde où la standardisation culturelle passe par le nivellement par le bas. Ce moment particulier de l’année a pourtant furieusement tendance à ressembler à un barnum où les «gagnants» sont meilleurs à l’oral qu’à l’écrit alors que c’est précisément le contraire que l’on attend – misère de la littérature...

Passer à la TV, répondre avec pétulance à des questions soi-disant impertinentes, occuper le terrain médiatique: les livres ont leurs plumitifs qui sacrifient le souffle de l’esprit et la résonance du verbe au culte des apparences, au babillage creux, à la vaine réputation. Tout passe, bien entendu. Les starlettes littéraires d’un jour ne seront pas les auteurs de demain que l’on continuera à lire. Et à relire.

 


S'abreuver aux livres de vie. Et faire son chemin de vérité.


C’est souvent dans les marges, mais pas seulement, que fleurissent les voix attachantes, palpitantes, vivantes. Cela ne signifie pas qu’il faille être maudit avant d’être admiré post-mortem pour un bouquin ou une œuvre; cette imagerie romantique a la sensiblerie pesante des âmes chagrines, il faudra un jour s’en débarrasser. Cela veut simplement dire qu’il faut fureter dans l’immense champ de la littérature afin de découvrir ce qui vous parle au cœur, voire, ce qui est encore plus rare, de guetter des ouvrages centrés sur l’essentiel.

La vie. La mort. L’importance de la relation. La spiritualité. Les grandes questions qui tiennent dans une seule destinée. Remonter à la Source, comme disait Georges Haldas. L’écrivain va entrer au cimetière des Rois, le panthéon des grands hommes dont le destin est lié à Genève (voir pages 10 à 13). C’est un honneur posthume rendu par une ville qu’il ne reconnaissait guère. La Genève populaire qu’il a chantée a changé, elle a perdu du terrain, hélas! Quant à la Genève patricienne, elle ne croit plus en Calvin depuis longtemps; elle lui préfère la finance, le négoce international, l’atmosphère feutrée des grands raouts onusiens. Elle ne lit pas Georges Haldas, si Genevois dans sa bâtardise. Elle a tort.

Si cet écrivain avait mis la singularité de son regard dans des romans, il eût certainement été bien plus connu. Il a préféré s’épanouir dans la poésie, la chronique, l’essai. Il nous a invités à nous abreuver aux livres de vie. Faire son chemin de vérité. Trouver son oasis dans le désert d’une modernité obnubilée par l’économie. Récuser la névrose de puissance. Voir l’invisible. Lier l’enracinement à l’ouverture. Croire à l’Etat de poésie pour ne pas sombrer dans l’Etat de meurtre. Ecouter Socrate. Et suivre le Christ seul.

 

Mise à jour le Jeudi, 04 Septembre 2014 15:01
 

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