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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Mercredi, 20 Août 2014 00:00
 


Edito: Sprechen Sie deutsch?

patrice8

Enfant, mes premiers mots d’allemand ont été Garten – je vois encore le petit dessin qui illustrait ce jardin – et Hoseschisser, un compliment que me lançait un oncle alémanique et moqueur (et que je ne traduirai pas dans un édito). N’ayant pas eu l’allemand à l’école primaire, je ne comprenais pas et j’étais vexé. Je suis donc un chaud partisan de l’allemand précoce et, naturellement, du frühfranzösich de l’autre côté de la Sarine.

Mais voilà que les Thurgoviens, qui ne sont pas des trouillards, jettent une pierre dans notre jardin: désormais, leurs enfants n’auront que l’anglais au primaire, le français étant renvoyé au secondaire. Et nous voilà en pleine polémique: «Un affront à la Suisse roman-de!», entend-on chez les socialistes romands. «Cette décision affaiblit la cohésion nationale», renchérit l’UDC valaisan Oskar Freysinger.

Mais les réactions divergent selon l’interlocuteur. Parlez avec un enseignant, il vous dira: «C’est bien beau de tout demander aux profs, mais ces enseignant savaient-ils le français? Leur a-t-on donné les moyens nécessaires?». De fait, la fronde thurgovien-ne est partie du corps enseignant qui trouve les enfants surchargés, en particulier les plus fragiles: ils doivent déjà apprendre le bon allemand et l’anglais, le français est «de trop».

 


C'est donc une concession de plus à l'esprit du temps.


 

L’anglais justement: pourquoi avoir donné la priorité à la langue de l’économie et du nouveau pouvoir mondial? Le choix d’une partie de la Suisse alémanique (car la Thurgovie pourrait être bientôt suivie par d’autres cantons) est donc une concession de plus à l’esprit du temps, utilitariste, qui ne pense que business, week-ends, selfies et autres anglicismes.

Les linguistes, eux, ne comprennent pas ces hésitations: l’enfant est une éponge, il apprend trois ou quatre langues quand il est jeté dans le bain très tôt. C’est justement ce que voulait le frühfranzösich. Mais deux heures par semai-ne, c’est un gag. Il n’y a plus d’immersion.

 Enfin il y a les principes: le respect des minorités est le fondement de la Suisse. Or, le respect se perd: voyez les Tessinois, privés de conseiller fédéral depuis le dernier millénaire. A quoi d’aucuns répondent que les minorités sont mieux défendues par l’autonomie cantonale que par les partisans d’une école unique de Genève à Romanshorn. Ce que je crois aussi. Mais priver les enfants d’une langue, c’est se tirer une balle dans le pied. Et si les petits Alémaniques n’aiment pas le français, donnons-leur les moyens de le découvrir aimable.

A propos: comment va l’allemand dans les écoles primaires romandes?

Mise à jour le Mercredi, 20 Août 2014 15:21
 

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