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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2014 - Edito
Mercredi, 13 Août 2014 00:00
 


Edito: trop, c'est trop

patrice8Comment dire l’écoeurement, le découragement aussi, devant ce qui se passe là-bas? A Gaza d’abord, où la trêve a volé en éclats sans qu’un début de solution soit prévisible ni même pensable (voir le Trait libre de François Gross en page 8). En Irak ensuite, où les djihadistes du califat islamique se sont emparés jeudi de Qarakosh, une des rares villes du pays où les chrétiens étaient majoritaires. La population a fui avec ceux qui s’étaient réfugiés là après la chute de Mossoul.
«Presque toute la plaine de Ninive est aux mains des islamistes. Il y a cent mille chrétiens sur les routes, certains à pied avec leurs seuls vêtements», a déclaré le patriarche des chaldéens, Mgr Louis Sako, sur les ondes de Radio Vatican. Ils marchent vers le Kurdistan irakien ou se cachent dans les montagnes par des températures de 40 degrés et plus. Il y aurait déjà des morts. C’est juste l’horreur.
Pourtant, l’Echo se réjouissait de raconter une belle histoire à propos de ces mêmes chrétiens irakiens (voir en pages 18-19): fin juillet, le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, leur a rendu visite dans cette région de Qarakosh, à Kirkuk et au Kurdistan. Ce fut une immense joie pour eux et pour lui, dit-il dans cette interview. Joie de la rencontre et de ne pas être oubliés, joie de découvrir que la petite communauté locale n’avait pas eu de morts jusque-là. Espoir aussi de pouvoir leur venir en aide..

 


Tout cela a été balayé par l'avancée des islamistes purs et durs.


Tout cela a été balayé par l’avancée des islamistes purs et durs. «Le moral des gens est anéanti, ils ne voient plus d’avenir», lance un autre religieux, dominicain, contacté par l’ONG Aide à l’Eglise en détresse. Depuis, les Américains ont lancé des parachutages d’eau et de nourriture et quelques bombes destinées à freiner l’avancée des djihadistes. La France a proposé un «pont de solidarité» pour aider les victimes. C’est mieux que rien, mais c’est à la fois trop peu et trop tard. Il y a vingt ans que les minorités locales appellent au secours: leur envoyer quelques colis humanitaires en laissant les fous d’Allah se pavaner dans leurs maisons est un véritable scandale.
D’un point de vue journalistique, ces nouvelles imposaient de balancer à la poubelle l’interview du cardinal Barbarin, aujourd’hui dépassée, et de la remplacer par des informations sur la région (où les chrétiens ne sont pas les seules victimes). Pourtant, nous avons décidé de la conserver. Parce que cette visite était une espérance et un signe: ce qui a été possible hier devra être fait demain, quand il faudra sauver ce qui peut l’être encore. Et rebâtir sur les ruines.

Mise à jour le Mercredi, 13 Août 2014 09:05
 

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