news menu left
top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
PDF Imprimer Envoyer
Articles 2014 - Edito
Mercredi, 06 Août 2014 00:00
 


Edito: l'avez-vous chanté?

patrice8Petit sondage: lors du 1er août, vendredi dernier, qui a chanté l’hymne national devant un feu de joie ou sous la douche, peu importe? Mmhhh? Pas tous en même temps, je vous prie... Inutile d’insister, bien sûr. Comme la plupart d’entre nous, je peux encore en réciter les premiers mots: «Sur nos monts quand le soleil annonce un brillant réveil...». La suite se perd dans les vagues réminiscences des colos de mon enfance, quand la journée commençait par le lever du drapeau.
Faudrait-il changer? Les médias ont rappelé qu’un concours a été lancé en janvier par la Société suisse d’utilité publique pour trouver un nouvel hymne national, moins marqué par le temps. L’actuel cantique date en effet de la moitié du 19e siècle, il parle de montagnes, de patrie, d’un cœur pieux «plus heureux près de Dieu». Des références chrétiennes que l’éditorial de L’Express-Impartial du 31 juillet estimait «plus que pesantes» avant de décréter que «notre hymne est sans doute un des moins attachants au monde». Pauvres de nous.
Le concours a été couronné de succès, annonçait Le Matin fin juin, puisque 116 propositions sont arrivées au comité organisateur (dont 40 en français, ce qui est très supérieur à la répartition linguistique, et 4 seulement en italien). Le jury a maintenant six mois pour sélectionner les dix meilleurs projets et les soumettre au Conseil fédéral en 2015. Puis à la population.

 


Qui peut fredonner plus que "Papaouté"?


 On saura à ce moment-là si quelque chose de convaincant peut réunir une majorité, ce dont je doute fort. «Pour changer un hymne national, il faut qu’un événement exceptionnel marque un bouleversement fondamental dans une communauté», écrit la Vaudoise Suzette Sandoz sur le site de Protestinfo. ch. C’est loin d’être le cas aujourd’hui. Vieille dame toujours jeune, l’ex-conseillère nationale libérale se souvient de son émotion lorsque, lors d’un épisode récent, elle a entendu des jeunes chanter l’hymne national. Elle ajoute: «Un chant commun crée un lien communautaire et une loyauté de groupe».
Le chant, voilà le point crucial: parmi les milliers de jeunes et de moins jeunes réunis au Paléo festival de Nyon, qui chantait avec les stars du moment? Qui peut fredonner plus que «Papaoutè», le tube de Stromae? Le chant crée un peuple, mais le peuple suisse ne chante plus. Ce que l’abbé Bovet et d’autres enseignants de mon enfance avaient réussi s’est perdu dans ce monde de casques sur les oreilles et de consommation passive.
Alors peu importent les paroles d’un improbable hymne national rajeuni, la vraie question est autre: qui nous donnera le goût de chanter?

Mise à jour le Mercredi, 06 Août 2014 09:07
 

 90ans

Cette semaine

2020-08-sommaire 

 

articles-2020

 

 unpluspourtous




Echo Magazine © Tous droits réservés. Route de Meyrin 12. CH-1202 Genève. Tél +41 22 593 03 03. Fax +41 22 593 03 19 redaction@echomagazine.ch