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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2012 - A la deux
Jeudi, 22 Novembre 2012 00:00
 

Alimentation

Légumes suisses ou rien!

Manger bien, manger bon, manger local. Pas si facile, à l'époque des supermarchés et de la spéculation alimentaire. Un petit livre prodigue des conseils.

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Une bonne ratatouille pour contrer la grisaille de novembre? Préférez-lui une salade multicolore de betterave rouge, carotte, panais, céleri, fenouil, pomme, noix et raisins secs: des produits locaux et de saison. Dans un petit livre pratique, Devenez locavores!, la biologiste Catherine Choffat propose d’adopter une autre philosophie du manger.

Le carnivore mange de la viande; le locavore mange local, c’est-à-dire qu’il se fournit dans un rayon d’environ 160 km autour de chez lui. Pourquoi 160 km? Cela correspond à 100 miles: le mouvement locavore est en effet né aux Etats-Unis au début des années 2000.

En fait, rien de nouveau. Nos grands-parents et les générations qui les ont précédés étaient locavores sans le savoir. «Aujourd’hui, nous ne le sommes plus, constate Catherine Choffat dans son livre. Pire encore, nous verrons combien c’est compliqué, voire impossible, de consommer uniquement des produits locaux.» Les supermarchés débordant de fraises en décembre et de mélanges de farines provenant des cinq continents ne nous facilitent pas la tâche. Pas plus que les pommes séchées bio d’Afrique du Sud.

Prise en otage marketing

2012-47-41BMais pourquoi devenir locavore? «Ces soixante dernières années ont vu des changements radicaux dans le monde occidental», explique Catherine Choffat: l’avènement de la société de consommation, le développement de l’agrochimie, la mondialisation. La curiosité de goûter aux aliments venus d’autres climats s’est peu à peu transformée en un désir impérieux, alimenté par la publicité, de tout avoir tout le temps. «Le marketing nous a pris en otages en transformant le besoin vital de manger en désir à satisfaire.»
Cela s’accompagne d’une mise sous tutelle des producteurs, soumis aux conditions des multinationales de la chimie agricole et aux prêts des banquiers, mais aussi d’une surexploitation de la nature, attaquée dans son rythme et dans sa diversité. Face à ce constat, Catherine Choffat revendique la liberté de manger ce qui est produit autour de chez elle ainsi que le droit de choisir ce qu’elle met dans son assiette. Elle nous explique comment faire.

Une approche positive, progressive et ouverte aux compromis: on ne devient pas locavore du jour au lendemain et on ne renonce pas au thé, au café ou au cacao. «On fait ce qu’on peut. Le plus important, c’est la prise de conscience. Chacun, à son échelle, peut faire un pas dans cette direction et contribuer à la sauvegarde de la planète.» Les chapitres alternent entre interrogations sur la marche du monde, bonnes raisons de devenir locavore, informations historiques, biologiques et économiques et conseils pratiques. Les légumes se présentent saison par saison, accompagnés de recettes simples, originales et colorées. Viande, poisson et produits laitiers ne manquent pas à l’appel. Pas question, donc, de faire la grimace devant son chou ou son radis noir hivernal: la lecture de ce petit livre donne faim de bonnes choses. Et envie de changer le monde.

Aude Pidoux

Catherine Choffat, Devenez locavores!, Editions Jouvence, 189 pages.

 

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