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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2012 - A la deux
Jeudi, 09 Août 2012 00:00
 

Religion

"Un prêtre malheureux ne fait pas envie"

Il y avait une dizaine d'ordinations par an dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg dans les années 1960. Il y en a une ou deux aujourd'hui. Voire aucune.

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 Le grand séminaire du Lausanne, Genève et Fribourg vient de déménager à Givisiez, où il partagera les locaux du séminaire valaisan. 50 ans après Vatican II, l’actuel directeur du séminaire, l’abbé Nicolas Glasson, revient sur la crise et sur ce qui motive un jeune à devenir prêtre.

Pourquoi entre-t-on au séminaire aujourd’hui?

Nicolas Glasson: – Il y a de nombreuses raisons... malheureusement pas toujours édifiantes! Nous devons être très attentifs à la qualité de la motivation des candidats. Nous rencontrons fréquemment des jeunes qui cherchent à se «caser» ou qui ne sont pas structurés humainement. Voir ce que «produit» notre société fait assez mal au coeur.
Une demande sérieuse est en principe caractérisée par une expérience de foi profonde et par la volonté du candidat de se donner au Christ dans le service de l’Eglise. Et cela se vit dans l’ordinaire de la vie. En mûrissant sa vocation, le séminariste qui devient prêtre prend conscience que la seule raison de sa vocation, ultimement, c’est Jésus-Christ!

Comment relire aujourd’hui la crise vécue par le grand séminaire dans les années 1960?

– Il y a eu crise de la foi. Le concile a pris conscience de façon prophétique que la «société chrétienne» n’allait pas durer parce qu’elle ne signifiait pas forcément que la majorité de ses membres avaient la foi: derrière un comportement apparemment chrétien peut se cacher un «sans-Dieu»! Le concile a justement voulu redire ce qu’est l’Eglise, ce que sont la foi et la manière de la vivre dans une société qui ne croit plus. Cette crise a eu lieu et donc le séminaire a été touché tout comme la paroisse, la catéchèse, les écoles catholiques, etc.

Quelle réponse apporter à cette crise des vocations sacerdotales?

– La pastorale des vocations est à mener de front avec la nouvelle évangélisation. Si les jeunes aiment et connaissent Jésus-Christ, alors ils pourront entendre l’appel qu’il leur adresse.
Il est capital aussi que le prêtre diocésain soit bien identifiable pour les jeunes: cela n’est pas évident aujourd’hui dans les grandes unités pastorales confiées à des équipes.
Si le prêtre ne se distingue pas des ministres laïcs ou, mieux, s’il n’a pas une manière propre d’exercer son ministère de prêtre, s’il n’est pas visible par les paroissiens parce qu’il passe son temps dans l’administration ou parce qu’il doit être présent sur un trop grand territoire, comment un jeune pourra-t-il penser à devenir prêtre?
Il faut aussi qu’il soit heureux et qu’il le montre: un prêtre malheureux ne fait pas envie. Enfin, il faut que le prêtre soit «donné» à la partie de l’Eglise que l’évêque lui confie et qu’il aime: c’est ainsi que son ministère portera du fruit. Ça, c’est la sainteté... Et c’est plus facile à dire qu’à faire!

Recueilli par Philippe Becquart

 

 

 

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