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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 20 Décembre 2012 00:00
 

Edito: Ici comme à Bethléem

patrice8

A Noël, le regard se tourne naturellement vers ce village où une famille devait accoucher dans une étable, il y a deux mille ans. L’Echo vous y emmène pour découvrir un autre abri, le Caritas Baby Hospital. Créé en 1952 par un missionnaire haut-valaisan, cet hôpital bénéficie chaque année des quêtes faites à Noël dans nos églises. C’est une des rares lueurs d’espérance dans le ciel plombé de Bethléem. Car le quotidien fait peur. Il y a peu, un missile tiré de Gaza est tombé sur Jérusalem, ce qui n’était plus arrivé depuis 1970. Plus encore qu’il y a deux mille ans, la paix semble avoir perdu la partie.
Et pourtant. Je viens de lire Pierbattista Pizzaballa, un capucin de 47 ans qui est «custode» en Terre Sainte depuis huit ans. C’est dire s’il connaît la région et sa violence inextricable. D’après lui, «se demander qui a commencé et qui est responsable ne sert à rien. Et les belles déclarations n’ont jamais rien changé». D’attentats en représailles, seul le pire est sûr.

 


"Ce n'est pas un caramel donné à celui qui meurt de faim."


 

A ce point de l’interview, Pizzaballa a une phrase étrange: «Quand tout s’écroule, nous devons choisir à nouveau le Christ. Nous attacher encore plus à lui». Etrange, car elle contredit notre manière de penser, qu’on soit chrétien ou non. Le Christ, c’est bon pour les curés: la vie réelle, ce sont les comptes et les bilans, la lutte pour le pouvoir, les affaires qui marchent et celles qui ratent.
Phrase irréelle, donc, mais qui intrigue. Comment ne pas voir en effet que nos sécurités matérielles sont toujours plus fragiles? Que la violence n’est jamais loin, ici comme à Bethléem? Ah, s’il y avait quelque chose de solide à quoi s’accrocher, un espoir qui ne déçoit pas...
Or c’est justement ce que dit Pizzaballa. Il évoque le pardon, apparemment impossible, «mais qui est la seule possibilité pour se libérer de la paralysie et rencontrer l’autre à nouveau»; il mentionne les écoles de Terre Sainte où chrétiens et musulmans étudient ensemble; il parle d’une fondation israélienne qui finance les soins donnés à des enfants palestiniens dans les hôpitaux israéliens. Et, comme les médecins du Caritas Baby Hospital, il croit à la force de la prière: «Ce n’est pas un caramel donné à celui qui meurt de faim, c’est la chose la plus importante. La prière, c’est se confier à Quelqu’un de plus grand que nos limites, c’est voir le monde avec les yeux de Dieu».
Autrement dit, le Christ est plus qu’un mot. C’est une vie commencée il y deux mille ans et qui continue. Une vie qui construit au milieu des ruines et qui dit l’amour quand tout semble perdu. A Bethléem et ici, parmi nous. Bon Noël à tous.

Mise à jour le Jeudi, 20 Décembre 2012 13:34
 

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