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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 13 Décembre 2012 00:00
 

Edito: Laisser des blancs

GenevièveLes jours raccourcissent, le froid nous saisit lorsque nous risquons le nez dehors – ah le temps des manteaux, des bonnets et des écharpes! –, le ciel est gris. Il y a bien, ici et là, quelques trouées de ciel bleu. Comme pour nous rappeler la présence du soleil. Au-delà.

Durant ces semaines qui nous conduisent vers Noël, alors que l’hiver prend ses quartiers, j’aime puiser, dans mes rencontres et mes lectures, des perles que j’enfile en un collier d’espérance. Histoire de me sentir vivante, de ne pas me laisser engourdir. Ce faisant, je me rappelle que je suis en chemin: espérer, n’est-ce pas être tendu vers ce qui vient, ce qui advient? Qui sera bon et beau: c’est la promesse de ce temps de l’Avent, comme la graine dans le fruit, si petite mais déjà si vivante.


Accueillir ce qui vient à ma rencontre,

et qui sera bon et beau.


Je suis en marche. Debout, scrutant l’obscurité pour y saisir un point de lumière. Petit, fragile, mais qui grandit avec assurance. Je vais à sa rencontre. Et je sais qu’il me comblera. D’ici là, le chemin est encore long, les cailloux nombreux. Qui m’invitent à ralentir, à prendre du temps, à me laisser rejoindre – marcher vite, c’est fuir, vivre en solitaire –, à accueillir ce qui vient à ma rencontre, et qui sera bon et beau.

La nature qui se dépouille, on dirait qu’elle m’accompagne, qu’elle m’ouvre le chemin. D’évidement. L’écrivaine Colette Nys-Mazure, dans La Vie de cette semaine, évoque, en ce temps de l’Avent, «le creux, la faille, la béance, l’ouverture», une vigilance qui invite à «laisser des blancs dans sa vie»: «Temps de creusement, de recueillement pour laisser plus de place, dans la prière, à Celui qui vient».

Cela ne me dispense pas de vivre l’instant, au contraire: c’est en vivant pleinement le présent que je prépare l’avenir, que je permets à ce qui vient de prendre racine dans le terreau du quotidien. Car c’est là, déjà, que la lumière prend corps. Qui aura visage à Noël. «La vie est un présent, précieux et précaire; aucune seconde ne doit en être gaspillée», me souffle Colette à l’oreille: nous sommes invités, dans le creux des jours, à «la joie d’être au monde en plénitude». J’entends en écho cette réflexion d’un jeune soldat français en poste en Afghanistan: «Ce qu’il y a de bon dans la vie, il faut le vivre maintenant».

C’est cette joie-là que nous sommes appelés à cultiver dans le temps de l’Avent. Tout entiers tendus vers Celui qui vient à notre rencontre. Vigilance qui tisse nos jours, «étonnement inusable d’être au monde». L’attente, alors, devient légère «dans l’obscurité de l’hiver»: nous sommes en marche vers le printemps. Parce qu’en nous se déploie une vie silencieuse. «Encore un peu de temps, très peu de temps», nous dit Isaïe. Bonne route d’Avent à chacun!

Mise à jour le Vendredi, 14 Décembre 2012 14:08
 

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