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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 15 Novembre 2012 00:00
 

Edito: Une bataille perdue

patrice8Discussions en rafale, ces jours, sur le mariage homosexuel et l’adoption par les couples gays. En France, les évêques appellent à la résistance; aux Etats-Unis, plusieurs Etats ont adopté le mariage «pour tous»; en Suisse, les Eglises réformées s’apprêtent à bénir les unions homosexuelles.

Faisant le tour de ces «avancées» (sic), la Radio romande saluait samedi dernier dans Forum «l’ouverture» (resic) des protestants. A lui seul, le langage utilisé dit bien de quel côté penche la balance.

On le verra en décembre lorsque le Conseil national se prononcera sur l’adoption homosexuelle. Je peux vous annoncer (scoop!) qu’une majorité va se hâter de démontrer son ouverture - passer pour ringard étant une des choses que les politiciens détestent le plus.


Seul, l'homme n'arrive pas à se sauver ni à sauver ses amours.


C’est la conséquence d’une évolution qui fragilise le mariage depuis des décennies. Citant une sociologue, le journaliste Jean-Claude Guillebaud parle même de «démariage». Désormais, la majorité des couples cohabitent avant le mariage ou ne se marient plus du tout. En France (la Suisse, sur ce point, est plus traditionnelle), la moitié des naissances ont lieu hors mariage.

Comme le dit Guillebaud, «le mariage n’est plus une institution fondatrice, c’est un simple contrat entre particuliers». Un petit plus que choisissent les couples pour officialiser leur amour. Et qu’on ne peut pas refuser aux gays qui s’aiment tant.

La bataille est perdue d’avance. Mais ce n’est pas une raison pour se taire. Quand les évêques français refusent qu’un père et une mère soient appelés «parent A» et «parent B», ils ont raison. Ce tour de passe-passe verbal ne peut que mal finir. Mais la révolte épiscopale ne suffira pas.

Au lieu de monter aux barricades et de jouer sur la défensive, il serait plus utile, me semble-t-il, de s’interroger ensemble sur l’évolution des moeurs. De nous demander si nous ne sommes pas victimes d’une illusion.

Car le mariage à la carte, dont le mariage homosexuel n’est qu’une variante, n’a pas tenu ses promesses. Ça ne marche pas, sauf dans les comédies sucrées d’Hollywood. Trop souvent, désormais, le mariage n’est que l’antichambre du divorce. Et les enfants, quand il y en a, paient le prix fort. Je généralise, bien sûr, mais le rêve d’un amour «quand on veut, comme on veut et avec qui on veut» est un échec. Et le mariage gay ne sera pas plus heureux.

Le siècle écoulé nous a fait croire que, sans Dieu, tout irait mieux, mais ce n’est pas vrai. Laissé à lui-même, l’homme n’arrive pas à se sauver ni à sauver ses amours. Voilà la vraie bataille perdue. C’est par là qu’il faut recommencer.

Mise à jour le Jeudi, 15 Novembre 2012 11:35
 

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