news menu left
top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
PDF Imprimer Envoyer
Articles 2012 - Edito
Jeudi, 08 Novembre 2012 00:00
 

Edito: A l'encre bleue

patrice8-accueilCorvée compost et vieux journaux, ce week-end. Je balance le tout dans les containers ad hoc et je vois un petit papier par terre. Le dos est couvert d’une écriture à l’encre bleue, comme celle que j’utilisais à l’école. J’y jette un coup d’œil distrait avant de le jeter, mais je m’arrête, stupéfait.

J’avoue que j’ai hésité à en parler. Mais il peu probable que l’auteur de ces quelques lignes figure parmi les lecteurs de l’Echo. Si cela devrait être le cas, il comprendra que je n’ai pas voulu me moquer de lui. Bien au contraire.
C’est une feuille de papier quadrillé. Déchirée dans sa moitié inférieure, elle est percée de deux petits trous. Sans doute était-elle fixée par des punaises au-dessus du lit ou dans la salle de bains.

Le texte, je l’ai déjà dit, est écrit soigneusement à la plume. Presque pas de fautes, mais l’âge de son auteur, garçon ou fille, est difficile à estimer. Les phrases sont alignées comme dans un poème – ce à quoi j’avais pensé avant de le lire -, avec des tirets pour les retours à la ligne. Le contenu, hélas, n’a rien de poétique.
Voilà ce qui est écrit.
«Je ne dois plus puer:
– je dois me brosser les dents 3 fois par jours (sic) sans qu’on me le dise
– du déo sans qu’on me le dise
– je dois faire mes besoins le plus vite possible
– je dois prendre ma douche sans qu’on me le dise.».


Si la mort nous apprenait à vivre? Si cette échéance donnait densité à notre existance de chaque jour?


Ces mots m’ont fait mal. Le papier à la main, je suis resté pendant de longues minutes à observer les fenêtres des immeubles qui m’entouraient, me demandant quels drames à la Dickens se cachaient derrière les rideaux tirés. Comment peut-on se décrire comme quelqu’un «qui pue»? Quelle estime de soi lui ont transmis ses parents, ses copains ou ses profs?

Et puis j’ai pensé que ces mots pouvaient aussi manifester la prise de conscience (bienvenue!) d’un ado aux prises avec les changements hormonaux liés à son âge. Si ce pense-bête se retrouve dans les vieux papiers, c’est que tout irait bien, désormais. Soyons optimistes.
Dans sa longue histoire, l’Echo magazine s’est toujours intéressé aux questions éducatives. Plusieurs articles de ce numéro s’en font l’écho. C’est une des raisons d’être de ce journal, mais je me dis qu’il faudrait faire plus encore pour accompagner les parents, l’école et les mouvements de jeunes dans cette tâche immense: amener un homme et une femme à la juste conscience de soi et de son destin.
Si vous croisez un jeune qui rase les murs, cette semaine, ayez un regard qui lui révèle que sa valeur est infinie. Et qu’il sent bon!

Mise à jour le Jeudi, 08 Novembre 2012 16:16
 

 90ans

Cette semaine

2020-09-sommaire 

 

articles-2020

 

 unpluspourtous




Echo Magazine © Tous droits réservés. Route de Meyrin 12. CH-1202 Genève. Tél +41 22 593 03 03. Fax +41 22 593 03 19 redaction@echomagazine.ch