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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 25 Octobre 2012 00:00
 

Edito: La question du Blick

patriceUn lecteur nous a envoyé le Blick de la semaine dernière. La couverture était barrée par un titre gigantesque, Wo war Gott?, où était Dieu? La photo montrait une femme en larmes près d’un corps recouvert d’un drap blanc, sur le sable. Le corps de Samuel R., 42 ans, mort noyé après avoir sauvé ses trois enfants emportés par les vagues.

La nouvelle a fait le tour du monde: venue de Suisse alémanique, la famille était en vacances en Toscane. Les cinq enfants, âgés de 3 à 14 ans, jouaient sur la plage. Les plus grands ont voulu aller nager, la mer était agitée et ils ont été emportés. Le père s’est précipité et il a pu en ramener un, puis deux. Frappé par une vague énorme, il a perdu pied au moment où il venait de lancer sur le sable le dernier des enfants.

Où était Dieu? Curieusement, le Blick ne reprend pas cette question dans les pages intérieures. Mais on peut deviner le sens de ce titre. Sans doute un fond de colère contre ce Dieu qui n’intervient pas quand il devrait. Le silence de Dieu face au mal est une énigme ancienne et redoutable. Mais le fait de l’interpeller traduit un besoin ancré profondément dans l’homme: quand le malheur est trop grand, quand la mort est trop injuste, il ne peut pas se contenter de cette terre. Il regarde plus haut, il se tourne vers le ciel même si c’est pour l’injurier.


"Un jour, je comprendrai que cette souffrance n'est pas vaine."


Alors que faisait Dieu sous le soleil de Toscane? J’ai repensé à la petite Japonaise qui avait vu ses amies emportées par le tsunami de Fukushima, en 2011. Elle aussi demandait: «Pourquoi les enfants doivent-ils mourir?». Elle avait voulu que sa question soit transmise au pape «puisque lui parle avec Dieu».

Benoît XVI lui avait répondu lors d’une interview télévisée, en disant: «J’ai les mêmes questions que toi et je n’ai pas les réponses. Et je sais seulement que Jésus, innocent, a souffert comme vous et que le Dieu qui se révèle dans Jésus est à vos côtés». Le pape, qui s’exprimait en italien, a dit quelque chose comme «Dieu est de votre bord» même quand il donne l’impression de regarder ailleurs. «Je sais qu’un jour je comprendrai que cette souffrance n’était pas vaine, n’était pas vide, mais qu’il y avait derrière tout cela un projet bon, un projet d’amour», avait continué le pape en disant: «Nous sommes avec vous et beaucoup dans le monde sont avec vous, ils pensent à vous et font ce qu’ils peuvent pour vous aider».

Que dire d’autre? Pas de réponse théologique, mais une présence, une attention, un immense respect aussi pour ce père qui a tout fait pour ses enfants. Jusqu’à donner sa vie pour ceux qu’il aimait.

Mise à jour le Jeudi, 25 Octobre 2012 13:13
 

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