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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 11 Octobre 2012 00:00
 

Edito: Des textes et des hommes

patriceDepuis l’été, L’Echo s’intéresse au concile qui s’est ouvert à Rome en octobre 1962, il y a cinquante ans. Témoins et historiens le disent, Vatican II fut un «événement». Qu’en reste-t-il aujourd’hui? A juger des églises vides et de l’intérêt modeste des médias pour cet événement, le bilan est décevant. Si la valeur du concile devait se mesurer à l’audience des catholiques dans les pays de vieille chrétienté, Vatican II serait un échec. Mais est-ce la bonne mesure?

J’y pensais en participant au Prix Farel à Neuchâtel, la semaine dernière. Pendant trois jours, 28 films (courts, moyens et longs formats) étaient présentés au jury et au public: fictions et histoires de vie, portraits engagés et documentaires colorés ou savants. Au final, le prix du long métrage a récompensé un reportage sur le «patron» des capucins dans le monde, Mauro Jöhri, un Grison de langue italienne.

J’ai relevé certains commentaires (qui ne venaient pas tous de cathos ou de protestants AOC!) suscités par cet homme qui court les aéroports pour soutenir ses frères capucins: «Enfin un chrétien en prise directe avec le réel» – «Quand on l’interroge sur ses doutes, sur sa vie affective, il a des réponses solides. Ça sonne vrai» – «Il est clair sur ses choix et sincère» – «Un type fantastique», etc.


Tous n'étaient pas des catholiques ou des protestants AOC.


Relisant ces notes, j’ai pensé à Jean XXIII, le «bon pape» dont l’humanité avait frappé ses contemporains. Et aux évêques qui ont refusé le concile prémâché que leur avait préparé la curie romaine. Eux aussi ont été des hommes avant d’être des fonctionnaires du sacré.

Je sais l’urgence qu’il y a à penser correctement. Les dérives religieuses (dans l’islam en particulier, mais pas uniquement) découlent très souvent d’une vision aberrante de l’homme et de son rapport à Dieu. Donc d’une mauvaise philosophie et d’une théologie plus mauvaise encore. Mais la meilleure théologie ne sert à rien si elle reste dans les livres. On peut en dire autant des textes du concile.

Sans grands discours, sans sermon, Frère Mauro laisse entrevoir une vie exigeante, mais profondément humaine. C’est ce que voulait le concile: produire de bons textes, certes, mais plus encore des hommes et des femmes solides dans leur foi, attentifs aux besoins de l’autre et de soi-même.
C’est ce que beaucoup, dans nos sociétés fatiguées, attendent et espèrent. Mais ce n’est pas toujours le visage de l’Eglise. La réforme initiée par le concile est loin d’être terminée, le pape actuel ne cesse de le répéter. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a toujours des frères Mauro.

Mise à jour le Vendredi, 12 Octobre 2012 07:02
 

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