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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 04 Octobre 2012 00:00
 

Edito: La chanson du vieux Bob

patrice

A 71 ans, Bob Dylan revient avec un album qui enchante les critiques. «Disque sublime et sombre où la mort rôde», dit L’Express, et le Nouvel Obs y retrouve «les fantômes d’une Amérique oublieuse de son histoire secrète». L’Echo aussi rend hommage à cet «immense poète» et à une «œuvre languissante de résistance».
Fan des Beatles et de Pink Floyd, j’avoue avoir peu fréquenté le barde américain. Près d’un feu de camp, j’ai chanté «Ecoute mon ami, écoute dans le vent...», mais je ne savais pas que c’était du Dylan. Et puis il y a eu la série télévisée En thérapie qui narre les déboires d’un psy à la cinquantaine grisonnante. L’adolescente dont il s’occupe le traite de «vieux croûton» parce qu’il ne connaît pas The Times They Are a-Changin’ (Les temps changent), une autre chanson de Dylan.

Le vieux croûton a été piqué au vif: sur Youtube, j’ai trouvé un enregistrement de Dylan datant des années 1960. Il a une vingtaine d’années. Le cheveu en bataille, il mord à pleines dents dans son harmonica. La voix grince, la mélopée n’a rien de transcendant, mais le texte, bon sang, m’a donné un coup de jeune! Oh, je n’ai pas tout compris, mais internet permet de lire le texte et sa traduction. Et il vaut la peine de l’écouter en anglais, car la langue a sa musicalité propre, impossible à traduire.


"Gardez les yeux ouverts, car la chance ne revient pas."


Dylan y dénonce écrivains et intellos qui pensent savoir mieux que les autres: ils pourraient être surpris, «car les temps sont en train de changer». Il critique les politiciens «qui encombrent le chemin»; ils devraient se méfier de la tempête qui souffle, for the times they are a-changin’. Il parle des parents qui – à l’époque! – donnaient des ordres à leurs enfants: ils devraient lâcher du lest et se tirer «s’ils ne peuvent pas nous tendre la main».

C’était le temps de la guerre au Vietnam, des premiers joints et de la révolution sexuelle. Tant d’espoirs mis dans la jeunesse, et pour quel résultat? Les changements annoncés par Dylan ont eu lieu, mais les jeunes d’alors se retrouvent vieux – ce qui est normal – et désabusés. Les maîtres à penser leur ont tendu la main, mais la liberté promise a fini dans le ravin.

Je sais tout cela, et pourtant cette chanson continue à toucher le cœur des ados et même des vieux ados. Preuve qu’il y a quelque chose de vrai et de toujours neuf dans cette nostalgie d’un bonheur entrevu, dans cette attente d’un monde à la hauteur de nos désirs.
«Gardez les yeux ouverts, car la chance ne revient pas», chantait Dylan il y a cinquante ans. Et si elle passait là, maintenant? Et si la vie pouvait être sauvée? Peu importe l’âge, ouvrons l’œil… 


Mise à jour le Jeudi, 04 Octobre 2012 08:06
 

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