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top news photography Promettre la chasteté, et après?

«C’était facile au séminaire: on se lançait des vannes, on plaisantait sur le sujet. Mais on était portés par une ambiance de camaraderie. Ensuite, on se retrouve seul dans le ministère! La sexualité, c’est toute une vie. On ne peut pas dire à 22 ans: ‘Ça y est, je suis chaste’. Il faut un processus d’accompagnement», estime Maxime Morand, qui a quitté le sacerdoce après cinq ans pour se marier, en 1986. Il a travaillé par la suite dans les ressources humaines et regrette que l’Eglise n’ait pas, comme toute grande entreprise, une instance de régulation externe. Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 27 Septembre 2012 00:00
 

Edito: Désarmer le Prophète

patriceAu final, le film qui se moque de l’islam et de son Prophète n’aurait jamais existé! Mais les morts qu’il a provoqués sont bien réels. Et la polémique ainsi suscitée est révélatrice des débats en cours au sujet de l’islam. Si les musulmans crient au blasphème, Jacques Pilet, fondateur et chroniqueur régulier de L’Hebdo, craint «le départ d’un nouveau totalitarisme», «plus terrifiant que les pires régimes laïques». Et de citer la Syrie de Bachar, l’Irak de Saddam Hussein ou la Libye de Kadhafi: ces tyrans, dit Pilet, permettaient au moins à leurs peuples de croire et de manger ce qu’ils voulaient.

Les victimes de ces régimes apprécieront. Mais bon: Pilet rejoint les caricatures de Charlie Hebdo et de la bien-pensance actuelle, pour laquelle toute expression religieuse relève plus ou moins de la psychiatrie. L’ancien patron de L’Hebdo cite des juifs, des protestants et des catholiques (y compris le pape «malgré son discours de paix au Liban»!) pour confirmer sa thèse: le religieux, voilà l’ennemi. On est en plein fantasme voltairien.

Ceci dit, ne doit-on pas lui donner raison pour l’islam? Dans le Monde de vendredi, le romancier marocain Tahar Ben Jelloun, ancien prix Goncourt, faisait cette constatation douloureuse: «Tous ceux qui ont essayé de lire le Coran avec le cœur de la raison ont échoué, et c’est l’irrationalisme, l’absurde et le fanatisme qui gagnent du terrain». Alors? Dans le même numéro du Monde, Olivier Roy, un des grands spécialistes de la région, mettait en garde contre les clichés: le Moyen-Orient traverse une crise qui est économique et politique avant d’être religieuse. Pour lui, il n’y a pas de «clash des civilisations», il y a une guerre au sein de l’islam lui-même. Le film à scandale n’étant qu’un prétexte pour contrôler la rue arabe.


Il a renoncé même aux armées d’anges prêtes à le défendre.


 

Reste le problème de la séparation entre religion et politique: Mahomet fut un chef de guerre et un chef d’Etat. Il est moins facile à désarmer que Jésus, qui a renoncé même aux «armées d’anges» prêtes à le défendre. Malgré cela, l’Occident chrétien a mis des siècles pour arriver à une meilleure compréhension des rapports entre la foi et la politique. Avec des excès meurtriers dans un sens comme dans l’autre. Même la laïcité, chère à nos voisins français, n’est pas toujours positive à l’égard du fait religieux.

Entre foi et politique, l’équilibre est à reformuler sans cesse (parler d’une «tension nécessaire» serait d’ailleurs plus judicieux). Des musulmans européens l’ont compris et ils l’ont dit à l’occasion de cette crise, qui a été finalement bien surmontée. Encourageant.

 


Mise à jour le Mercredi, 26 Septembre 2012 07:49
 

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