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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 20 Septembre 2012 00:00
 

Edito: La mort d'un homme

patriceDifficile d’oublier ce corps inanimé au visage tuméfié, porté ou traîné par des inconnus. Comme une «descente de croix» contemporaine. Le corps était celui de l’ambassadeur américain en Libye, Chris Stevens, tué par des fanatiques alors que lui-même – son site sur YouTube en témoigne – s’était engagé sans compter pour le peuple libyen. Sont venues ensuite les manifestations contre un film qui caricature l’islam et son prophète. Film stupide et agressif (et tourné par des chrétiens!). Mais la stupidité ne justifie jamais la mort d’un homme, il faut le répéter sans se lasser.

Ce vacarme médiatique a fait de l’ombre au voyage de Benoît XVI au Liban. Comme si une puissance maléfique – mais le pape dit que «le mal n’est pas une force anonyme: le mal, le démon, passe par la liberté humaine, par l’usage de notre liberté. Il cherche un allié, l’homme» - voulait étouffer une voix qui parle de paix et de réconciliation. Mais elle a échoué: des centaines de milliers de Libanais sont venus écouter le pape. Et toutes les communautés du pays, y compris les musulmans, ont uni leurs forces pour le succès de ce voyage.

Un succès important. Par sa seule présence, un vieil homme désarmé a fait naître un espace de communion et de paix. Preuve que les hommes ont envie de paix pour peu qu’ont leur indique le chemin. Tel est le sens premier de la liberté religieuse défendue par Benoît XVI contre tous les fanatiques. Contre ceux qui tournent des films dégradants. Contre ceux qui détruisent le Proche-Orient.


Avec leur départ, c’est un vivre ensemble qui disparaît.


«Une société plurielle, a dit le pape, n’existe qu’à cause du respect réciproque, du désir de connaître l’autre et du dialogue continu.» Le Liban est le seul pays de la région où un musulman peut se convertir et devenir prêtre maronite au vu et au su de tous. Le seul dont le président est un chrétien. Partout ailleurs, en Egypte, en Irak et en Syrie, les chrétiens fuient des sociétés qui refusent le pluralisme religieux. Avec leur départ, c’est un vivre ensemble qui disparaît, une cohabitation séculaire qui fut parfois douloureuse, mais qui a fait la richesse de ces pays. Et de la civilisation tout court.

Voilà la menace que représentent les salafistes financés par le pétrole d’Arabie Saoudite et du Qatar. Ne pas les combattre, ne pas aider les chrétiens à rester chez eux, c’est voir triompher une logique de blocs homogènes dressés les uns contre les autres. Une logique qui finira par infester aussi notre manière de vivre ici.

Le combat pour la liberté religieuse et le respect réciproque, ne doit pas s’interrompre. Pour que Chris Stevens ne soit pas mort en vain.


Mise à jour le Jeudi, 20 Septembre 2012 06:36
 

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