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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 30 Août 2012 00:00
 

Edito: L'amour d'abord

thibautAujourd’hui, l’infiniment petit fascine: le boson de Higgs donne le tournis à certains esprits, souvent les plus sèchement cartésiens, et relance l’antique débat sur la création de l’univers, ouvrant par là-même plusieurs portes sur les univers parallèles. Le 21 juillet 1969, lorsque l’astronaute Neil Armstrong, décédé samedi 25 août à l’âge vénérable de 82 ans, atterrit sur la Lune – «C’est un petit pas pour un homme, un bond de géant pour l’humanité» –, l’exploration de l’univers passionnait les Terriens. Ah, le bon vieux temps des soucoupes volantes et de Robby le robot dans Planète Interdite, de Jane Fonda en affriolante Barbarella et de la glorieuse science-fiction de nos aïeux!

Qu’est-ce qui a donc changé pour que nous ayons tourné notre regard extasié du vaste ciel vers l’ultramicroscopique? Le «mur de la honte», celui de Berlin, est tombé, mais d’autres ont été érigés. Les grandes aventures collectives, et leurs nombreuses folies idéologiques, se sont dissoutes dans les vertiges de l’individualisme, dans un postmodernisme mollasson qui ne croit pas en grand-chose si ce n’est au mètre-étalon de son nombrilisme. La conquête spatiale, elle, fut l’une des filles de l’affrontement Est-Ouest, d’une rivalité à mort entre superpuissances qui avait le mérite de la clarté. Certains en ont presque la nostalgie; ils oublient que la guerre froide fut loin d’être une longue ère glaciale.

 


Ces sagas de la science ne nous détournent-elles pas de l'essentiel?


 

Durant les années soixante, John Fitzgerald Kennedy lançait le programme Apollo et Martin Luther King menait le combat pour l’égalité raciale; Nikita Khrouchtchev déstalinisait l’URSS, mais les goulags demeuraient. En 2012, Barack Obama joue sa réélection et Mitt Romney ne porte pas la NASA dans son cœur; Vladimir Poutine réinvente l’autocratie dans une Russie néo-tsariste corrompue jusqu’à la moelle. Le monde a changé et notre faculté d’émerveillement s’est réorientée; elle semble se satisfaire de la découverte de l’infiniment petit comme hier elle s’aveuglait devant une course à l’espace déraisonnable. Mais au fait, qu’en pense Pékin?

Demeure une question capitale: ces sagas de la science ne nous détournent-elles pas de l’essentiel? Un ami de soixante-trois ans au chômage. La faim qui tenaille des ventres innocents dans des pays dont on ne voit aucune image. Une jeune veuve qui n’a que ses yeux pour pleurer. La crise du logement à Genève (ne riez pas, s’il vous plaît, elle est dramatique à l’échelle lémanique). Cette main non tendue. La mienne, la vôtre. L’amour. Seule bouée qui vaille la peine de susciter mon éblouissement de pauvre Terrien.

Mise à jour le Jeudi, 30 Août 2012 12:46
 

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