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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
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Articles 2012 - Edito
Jeudi, 16 Août 2012 00:00
 

Edito: merci la télé

patrice2

Etant peu téléphage, je n’ai vu que peu d’images de ces Jeux Olympiques. Mais quelles images! J’étais scotché à l’écran. Et je m’excuse auprès des lecteurs qui, eux, ont certainement tout regardé et tout vu et qui, de ce fait, sont peut-être moins sensibles à l’évolution des techniques, mais j’étais ébloui par les corps des nageurs ondulant sous l’eau avant de revenir à la surface: la natation, si peu télégénique dans mon enfance, devenait un spectacle digne du Grand Bleu ou du commandant Cousteau.

Les sauts des gymnastes, la foulée d’Usain Bolt, le passage du relais 4x100 mètres des femmes, record du monde à la clé: ces gestes vus et revus au ralenti, filmés sous tous les angles, avaient des airs de danse plus que de performance sportive. Et les chutes et les larmes, y compris celles de ce coureur italien dont j’ai oublié le nom et qui, convaincu de dopage, s’est effondré en conférence de presse. Comme un petit enfant pris la main dans le pot de confiture. Et la présence incroyable du public, associé au spectacle par les caméras qui traquaient les visages les plus colorés, enthousiastes ou déçus. Tout cela sans temps mort, sans ennui. Sur le plan de la technique télévisuelle aussi, les Jeux de Londres ont atteint un niveau exceptionnel.

 


Comme un petit enfant pris la main dans le pot de confiture.


 

Quand les médialogues parlent de «réalité augmentée», ils évoquent les possibilités offertes par la combinaison des caméras et d’internet. Les policiers de New York, par exemple, surveillent leur rue en visualisant à l’écran en même temps le portrait des criminels de la région, les délits anciens et récents et, pourquoi pas, le prix du Big Mac. Très utile, sans doute. Mais la notion de réalité augmentée s’applique encore mieux, je trouve, à ces minutes olympiques où je pouvais «voir» au-delà de ce que l’œil le plus exercé pourrait jamais observer. Et qui me donnaient un sentiment qui ne peut être défini que par un mot: la beauté.
Bien sûr, des commentateurs ont décrété que ces jours de fête n’ont été qu’une parenthèse dans le brouillard londonien, que les touristes étaient moins nombreux que prévu, que la crise attend au tournant. Bref, les Anglais vont se réveiller avec la gueule de bois. Peut-être. Mais j’ai aussi fait l’expérience que les choses ne se produisent pas en vain. Que la beauté du réel, quand elle touche au plus profond, éveille une énergie positive qui permet de regarder le monde, les visages et même les drames du quotidien avec une confiance renouvelée. Avec la conscience d’une beauté que nos yeux, trop souvent, ne savent pas voir.
Pour une fois, merci la télé.

Mise à jour le Jeudi, 16 Août 2012 08:29
 

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