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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Mardi, 12 Novembre 2013 00:00
 


Edito: Simplement Mandela

thibautDans ce monde où la sphère individuelle s’anémie au même titre que le virtuel s’insinue dans les moindres recoins de nos vies, le deuil planétaire entourant Nelson Mandela interpelle en profondeur. Ce besoin de communier autour d’une figure rassembleuse suscite l’acrimonie de certains qui, au nom de la tarte à la crème de «l’anti-politiquement correct», regrettent que les médias et les peuples fassent preuve d’un déficit de recul émotionnel. Le hic, c’est que ces personnes-là manquent peut-être cruellement de recul – justement. Souvenez-vous: Soweto, Steve Biko, les romans de Nadine Gordimer et André Brink, tous ces cris de liberté, pneus brûlés, haine raciale, flaques de sang, spectres de guerre civile d’un lointain hiver austral...

Bien sûr, «Madiba» n’était pas parfait. «Un homme comme les autres, un pécheur qui essaie de s’améliorer», disait-il de lui-même. Ni saint ni prophète, il n’était pas le Martin Luther King xhosa ou le Gandhi de l’Afrique du Sud. A équidistance de l’attraction spirituelle de la non-violence et de la tentation terrestre de l’action violente, il était simplement Mandela. Soit un homme politique comme il n’y en eut guère au 20e siècle. Son parcours, ses gestes, ses mots sont à la fois une leçon et un message de vie.

 


"L'idéal d'une société démocratique et libre dans laquelle tous vivraient ensemble."

Lecteur de Clausewitz, il sut manœuvrer, séduisant, prudent ou menaçant, avec en constante ligne de mire l’idéal formulé en conclusion de son procès en 1964 déjà: «J’ai dédié ma vie à la lutte pour le peuple africain. J’ai combattu la domination blanche et j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre dans laquelle tous vivraient ensemble, dans l’harmonie, avec d’égales opportunités. C’est un idéal que j’espère atteindre et pour lequel j’espère vivre. Mais, si besoin est, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir».

Humilié pendant 27 ans en prison, Mandela a surmonté la vengeance et choisi la réconciliation, la seule voie viable. Entre Noirs et Blancs, Xhosa et Zoulous, toutes les composantes d’une nation arc-en-ciel loin d’être parfaite, mais où l’espoir est permis. Il savait que la paix a un prix. Inestimable. Celui d’une justice qui n’exclut personne, à l’exigence camusienne difficile à atteindre et pourtant infiniment nécessaire. Et qui croit au pardon. La Commission vérité et réconciliation fut animée par un esprit de miséricorde. On est loin des tribunaux de La Haye et autres chicaneries mémorielles. Peut-on décemment l’oublier?

Alors souvenons-nous. Et pleurons un homme, imparfait comme chacun l’est. Un immense homme politique au cœur généreux. Un chef d’Etat visionnaire loin au-dessus de tant de héros survendus. Mandela «l’Africain capital» restera à jamais un modèle universel.

Mise à jour le Vendredi, 13 Décembre 2013 09:17
 

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