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top news photography Les autres touristes: quelle plaie!

«Le drame, dans le tourisme, ce sont les autres touristes», sourit Yann Laville, codirecteur du Musée d’ethnographie de Neuchâtel (MEN). Et effectivement, on est toujours le touriste d’un autre, en témoigne la nouvelle exposition temporaire du musée. Intitulé Le mal du voyage, cet intrigant parcours surfe sur les ambiguïtés pour mieux prendre de la distance par rapport à nos rêves, itinéraires et pratiques touristiques. Un véritable voyage dans nos voyages. «Nous avons voulu réfléchir autour des imaginaires liés au tourisme et aux vacances, explique son collègue Grégoire Mayor. Comment on se confronte à ces imaginaires, comment on les reproduits et comment on souhaite, en même temps, s’en libérer.» Pour en savoir plus...
Articles 2013 - Edito
Jeudi, 28 Novembre 2013 00:00
 


Edito: Le coup de barre

patrice2Bref aller-retour au Tessin pour un mariage. De quoi constater la surcharge du trafic routier malgré le froid et la pluie. Le réseau ne suit plus et le net refus de la vignette à cent francs ne va pas améliorer les choses. Je reste cependant étonné par les commentaires des journalistes et politologues au lendemain du vote: aucun n’a rappelé qu’une vignette à 70 francs n’aurait probablement pas subi le même sort. Cent francs, c’était une augmentation de 150%! Même si ce n’était «que» le prix d’un plein d’essence, le procédé était choquant. Je me souviens d’un petit livre du conseiller d’Etat vaudois Pascal Broulis, un expert dans l’art de rendre l’impôt supportable sinon agréable: il expliquait que le citoyen accepte les hausses «quand on corrige ce qui peut l’être à petits coups de barre, sans brusquerie ni irrespect».

Doris Leuthard n’a pas lu Broulis et elle s’est prise un gros coup de barre. La leçon doit servir dans d’autres domaines. A ce mariage, on m’a cité le cas d’un pharmacien italien engagé par une pharmacie du Tessin avec un salaire inférieur à celui de l’aide en pharmacie. Celle-ci avait perdu son job. Chaque jour, 60’000 frontaliers viennent travailler au Tessin (soit un emploi sur trois), et ce chiffre a doublé en quinze ans. La grogne monte dans les grotti ticinesi comme dans les bars genevois.

 


Un expert dans l'art de rendre l'impôt supportable sinon agréable.

Plus étonnant est le phénomène des diplômés italiens, voire des familles qui viennent s’établir au Tessin tout en travaillant en Italie... dans l’attente de trouver mieux ici. La crise serait telle, et le manque de confiance dans l’avenir, que les montagnes helvétiques apparaissent comme un refuge dans une Europe aux abois. Des Espagnols, des Portugais, des Français font le même choix: chaque année, la population immigrée en Suisse augmente de 70’000 unités, l’équivalent des villes de Fribourg et de Sion réunies. C’est un signe de prospérité, certes, mais comment piloter et digérer un tel afflux? Les routes ne sont pas seules à être saturées.

L’initiative 1: 12 sur les hauts salaires a été rejetée, mais le coup de semonce n’aura pas été vain. L’initiative de l’UDC était maladroite, mais la nécessité de penser aux familles a été rappelée. Chaque fois, le citoyen a su éviter les solutions extrêmes. Mais le coup de barre sur la vignette est frappant: lors des débats à venir sur l’Union européenne et la libre circulation des personnes, il faudra entendre les questions des gens et leur donner de bonnes réponses. Le modèle suisse peut relever tous les défis à condition de le faire évoluer «sans brusquerie ni irrespect».

Mise à jour le Jeudi, 28 Novembre 2013 14:39
 

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